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Vins. Le célèbre et influent œnologue français Michel Rolland est décédé... |
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French famous oenologist Michel Rolland smells a glass of wine, at the Beausejour Becot estate on April 2, 2014 in Saint-Emilion, during the "primeur" wine week which runs until April 6, 2014. AFP PHOTO JEAN PIERRE MULLER (Photo by JEAN-PIERRE MULLER / AFP) © AFP
Celui qui avait été surnommé « Le gourou du vin », le célèbre œnologue bordelais Michel Rolland, est décédé brutalement dans la nuit du 19 au 20 mars, à l’âge de 78 ans. Son influence sur les plus grands crus du monde a été considérable à partir de 1980.
Gourou du vin
, Pape des œnologues
, les surnoms donnés à Michel Rolland en disent long sur l’influence qu’il a pu exprimer sur quantité des plus grands vins du monde des années 1980 à 2020.
Âgé de 78 ans, l’œnologue libournais est décédé, dans la nuit de jeudi à vendredi, d’une crise cardiaque.
Diplômé d’œnologie, il avait fondé en 1973, avec son ex-épouse Dany, un laboratoire d’analyses œnologiques à Pomerol, à partir duquel il avait rapidement développé une activité de conseil auprès de grandes propriétés de la Rive droite (Pomerol, Saint-Emilion).
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Mais c’est à partir des années 1980, que sa renommée avait commencé à s’étendre bien au-delà du vignoble bordelais. Consultant recherché à travers le monde, notamment par des propriétés du nouveau monde
, (États-Unis, Argentine, Chili…), il incarne ce qu’il devient alors convenu d’appeler le flying winemaker
, « vigneron du monde », dans un contexte de mondialisation accélérée de la production de vin de qualité.
Très lié à Robert Parker
C’est dans ce contexte qu’il se liera avec Robert Parker, célèbre critique de vins américain, amoureux des grands crus français du Bordelais et du Rhône. Mais, il sera ensuite reproché au style prôné par Michel Rolland et promu par Robert Parker via son système de notation sur 100, d’encourager une certaine standardisation des goûts et des styles de vin.
Dans un documentaire sorti en 2004, Mondovino, réalisé par Jonathan Nossiter et présenté au festival de Cannes, il y était dépeint justement comme un gourou
influençant les grands domaines vers la production de vins très riches, concentrés, opulents, boisés. Il s’était grandement irrité de ce portrait, mais il avait fini par intituler lui-même son autobiographie, le gourou du vin
. Il y racontait son enfance bordelaise dans une famille de viticulteurs, son parcours d’œnologue, et il y réglait ses comptes avec le réalisateur.
Via son cabinet de consultant, il a conseillé plus de 250 domaines dans le monde, dont, pour les plus célèbres en France, les châteaux Angélus, Ausone, Pavie, le Pin, L’Évangile…