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ÉDITORIAL. Des élections sans clarification... |
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« Qui va gagner les municipales 2026 ? Chaque parti saura revendiquer la victoire dimanche soir, en mettant en avant le fait qu’il est parvenu à conserver ou à conquérir telle ou telle ville emblématique. » Ici le bureau de vote de l’hôtel de ville de Caen. © Martin Roche, Ouest-France
Certains espéraient que les municipales bousculeraient le paysage politique français, en dessinant de nouveaux rapports de force avant la présidentielle de 2027. Il y aura des suprises à l’issue du scrutin de dimanche, mais pas de grand chambardement. Les équilibres sont déjà posés et tout restera à faire concernant la course à l’Élysée…
Qui va gagner les municipales 2026 ? Chaque parti saura revendiquer la victoire dimanche soir, en mettant en avant le fait qu’il est parvenu à conserver ou à conquérir telle ou telle ville emblématique. Comme au premier tour, dimanche dernier. En oubliant, comme à chaque fois, qu’il n’y a pas plus stable que ces élections-là, qui voient deux tiers des maires sortants, ou leurs dauphins désignés (plus de 70 %), reconduits.
Cette année ne devrait pas faire exception à la règle. Ce qui change, c’est le nombre de communes qui ont vu leur conseil municipal renouvelé dès le premier tour. Dimanche dernier, plus de 95 % des 34 875 communes de France étaient fixées (une proportion exceptionnellement élevée, c’était 86 % en 2020). Leurs citoyens auront déjà un maire, installé cette fin de semaine, pendant que les électeurs d’un peu plus de 1 500 villes seulement retourneront aux urnes ce dimanche.
Retrouvez les candidats et les résultats des élections municipales 2026 dès leur publication
Il y aura forcément des surprises parmi celles-ci, mais contrairement à ce qui était attendu par certains, pas au point de rebattre fondamentalement les cartes pour 2027. Le Rassemblement national peut prendre de nouvelles communes et faire valoir – à raison – la progression de son ancrage dans les campagnes. Il n’y aura pas de « vague bleu marine » pour autant. Même si Toulon retombait dans son escarcelle, ou si Nice passait sous la coupe de son allié Éric Ciotti, les succès de l’extrême droite resteront limités.
La France insoumise, elle, a fait la démonstration qu’elle n’était pas hors course. Les polémiques à répétition autour de Jean-Luc Mélenchon n’ont pas provoqué l’effondrement du vote LFI. La rupture entre socialistes et insoumis, que beaucoup tenaient pour acquise, est remise en cause par les accords locaux passés dans plusieurs villes. Et la perspective d’une large union des gauches pour 2027 s’en trouve fragilisée. Qui réunira finalement la primaire du « Front Populaire 2027 » programmée en octobre ?
Rien ne sera tranché
Quelques-uns, enfin, ont pu espérer une défaite d’Édouard Philippe au Havre pour disqualifier un concurrent de taille parmi les prétendants à la course à l’Élysée. Sa très confortable avance au premier tour fait mentir ce pronostic. Et la question de savoir combien de candidats du centre et de la droite s’aligneront sur la ligne de départ l’an prochain reste intacte.
Quels que soient les résultats de dimanche, rien ne sera tranché. La dissolution de 2024 était censée « clarifier » le paysage politique français, il n’en a rien été. Et ce ne sont pas ces municipales qui vont éclaircir quoi que ce soit. La confusion sera probablement plus grande encore après qu’avant. Et la campagne pour la présidentielle, éclipsée par la guerre au Proche-Orient et ses conséquences sur le quotidien des Français, ne démarrera sans doute pas dès lundi… Ni avant longtemps.