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Près de Limoges, le maire, mis en examen pour viols, a été réélu... tout en étant interdit de séjour dans sa commune... |
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Le maire de ce village de 3 000 habitants vit chez son fils à Bordeaux depuis les faits, mais a pu faire campagne et l'a emporté de 55 voix dimanche dernier. Photo d'illustration © Daniel Fouray / Archives Ouest-France
Le maire de Boisseuil, libéré le 30 décembre, a l’interdiction de revenir en Haute-Vienne, sauf pour les conseils municipaux, ainsi que les conseils communautaires à Limoges, où il est aussi vice-président de la métropole.
Une réélection qui ne passe pas pour une partie de ses administrés. Le maire de Boisseuil, près de Limoges, en Haute-Vienne, a été élu dimanche d’une courte tête. Avec une particularité : Philippe Janicot retrouvera samedi son fauteuil de maire, mais ne pourra pas rester dans la commune. Mis en examen pour viols, son contrôle judiciaire l’autorise seulement à revenir pour les conseils municipaux et réunions, relate l’Agence France-Presse.
Selon une source proche du dossier, l’élu avait été placé en détention provisoire une dizaine de jours après les plaintes de quatre femmes filmées à leur insu, dont une ex-compagne, mère de son troisième enfant. Libéré le 30 décembre, l’édile a l’interdiction de revenir en Haute-Vienne, sauf pour ces réunions et pour les conseils communautaires à Limoges, où il est aussi vice-président de la métropole.
Élu avec 55 voix
Depuis, Philippe Janicot, qui conteste les faits, est hébergé à Bordeaux, chez son fils, mais a pu faire campagne et l’a emporté de 55 voix dimanche dernier dans ce village de 3 000 habitants, où il avait été élu une première fois en 2020.
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Sur place, certains habitants se disent choqués. « C’est honteux. Il y a un gros malaise à Boisseuil avec cette affaire », ont déclaré à un correspondant de l’AFP Jean-Luc et Sylvie, ex-mécanicien et ancienne assistante maternelle. « Les gens qui ont voté pour sa réélection, ont-ils une seconde pensé aux victimes ? », abonde Philippe, retraité de l’agroalimentaire.
« La population a voté, il faut respecter ça », tranche Bastien, nouveau venu dans la commune. « C’est de l’ordre de la sphère privée. Tant que la justice n’a pas fait son travail, je ne peux pas juger », abonde Catherine, habitante depuis plus de 30 ans à Boisseuil.
« Je me battrai pour prouver mon innocence »
« La campagne a été rude, il y a eu beaucoup de dénigrement », déclare Me Emmanuel Raynal, l’avocat de Philippe Janicot. « Il était content qu’on distingue les accusations au niveau judiciaire de son bilan qui, tout le monde le reconnaît, est plutôt positif. »
« Je me battrai pour prouver mon innocence », a déclaré par SMS Philippe Janicot, regrettant qu’on « mette systématiquement en avant la mise en examen pour viols et pas la présomption d’innocence ».
À 8 heures, samedi matin, il sera installé officiellement à la tête de son conseil municipal sous la surveillance des gendarmes. « Contrairement à ce qui a été dit, ils ne l’encadreront pas », souligne son avocat. « C’est nous, à la mairie, qui les avons appelés pour que le conseil municipal se passe tranquillement », confirme la directrice générale des services de la commune.