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Le festival BD d’Angoulême toujours dans le flou après l’annonce de la mise à l’arrêt de la préparation de l’évènement... |
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Anouk Ricard, Grand Prix d’Angoulême 2025, a été l’une des premières autrices à annoncer son boycott de l’édition 2026. © AFP
Ce jeudi, la société organisatrice du festival a fait front et annoncé la mise à l’arrêt de la préparation de l’évènement et pas l’annulation demandée par les financeurs publics.
Le feuilleton continue… Le festival BD d’Angoulême devient, au mieux, une histoire à suspense, au pire un scénario catastrophe où chacun des protagonistes semble se renvoyer la balle.
Après l’annonce du boycott des auteurs et éditeurs, en colère contre les manquements de la société organisatrice 9e Art +, il paraissait improbable, dès mi-novembre, que la prochaine édition puisse se tenir fin janvier. La balle était dans le camp des financeurs publics - Région et Ville d’Angoulême - qui contribuent pour moitié à un budget de 6 millions d’euros.
Le 20 novembre, ceux-ci demandaient à l’association propriétaire du festival et à l’organisateur 9eArt + de renoncer à l’édition 2026, estimant son maintien « plus que compliqué ». Avec l’objectif de trouver « un nouvel opérateur » pour 2027.
L’organisateur ne lâche pas
Balle dans le camp de la société organisatrice qui, ce jeudi, livre une réponse pour le moins ambiguë dans un courriel adressé aux maisons d’éditions, consulté par Le Monde et l’AFP. « La production de l’édition 2026 du Festival d’Angoulême est, à ce jour, mise à l’arrêt », écrit 9e Art +, rejetant l’annulation. L’organisateur ne lâche pas, alors qu’il semble acquis que son maintien à l’organisation du festival ne peut qu’aboutir à l’annulation de fait, par le boycott des auteurs et éditeurs.
Curieux bras de fer. Pour quelle raison et dans quel intérêt ?
Ce scénario à rebondissements pourrait faire sourire si les enjeux n’étaient aussi forts. Le festival de la bande dessinée d’Angoulême est le plus grand rendez-vous international du 9e art, avec des dessinateurs du monde entier et un public de passionnés.
Côté économique, l’évènement est essentiel pour la région. Aujourd’hui, hôteliers, restaurateurs, traiteurs et commerçants restent dans un douloureux suspense.