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Sainte-Soline : la gendarmerie admet « des manquements à la déontologie » dans les affrontements avec les manifestants... |
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Des affrontements à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, ont éclaté après une manifestation contre les mégabassines, le 25 mars 2023. © JEROME GILLES / Archives NurPhoto via AFP
Après la diffusion d’images mercredi 5 novembre montrant des pratiques jugées illégales au sein des forces de l’ordre, le porte-parole de la gendarmerie nationale a reconnu qu’il y avait eu des manquements chez les gendarmes. Une enquête administrative est en cours.
Invité ce jeudi 6 novembre 2025 sur le plateau de BFMTV , le colonel Erwan Coiffard, porte-parole de la gendarmerie nationale, a admis qu’il y avait eu « des manquements à la déontologie » de la part des forces de l’ordre pendant les manifestations contre les mégabassines de Sainte-Soline en 2023.
Mercredi 5 novembre, Libération et Mediapart ont dévoilé des images inédites des affrontements entre manifestants et force de l’ordre, datées du 25 mars 2023. Filmées par des caméras-piétons des gendarmes, elles montrent des violences et des tirs de grenades jugés illégaux.
« C’est bien la prise de conscience et de connaissance de ces images au niveau interne qui amène à relever qu’il y a, de façon claire et évidente, des manquements à la déontologie », a affirmé le porte-parole de la gendarmerie. Il a néanmoins assuré que l’institution n’avait pas tenté de dissimuler les images, et que l’Inspection de la gendarmerie nationale était en train de les traiter et qu’elle les avait transmises à l’autorité judiciaire. Il affirme que la justice a en sa possession les images depuis « plusieurs mois ».
"Ces images sont récupérées dans un cadre judiciaire"
— BFMTV (@BFMTV) November 6, 2025
Vidéos chocs de Sainte-Soline: la réponse du porte-parole de la gendarmerie nationale pic.twitter.com/MYu0zlleng
Après des plaintes de manifestants blessés, le parquet de Rennes avait ouvert une enquête préliminaire sur les faits, confiée à l’IGGN et qui a duré plus de deux ans. « La manière dont cette enquête a été conduite laisse clairement apparaître l’intention de classer sans suite », ont déploré mercredi les plaignants dans un communiqué. « Mes clients réclament tous l’ouverture d’une information judiciaire. Pour qu’un juge d’instruction puisse compléter les investigations de l’IGGN qui sont très, très insuffisantes à ce stade », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) leur avocate, Me Chloé Chalot.
« Des gestes qui ne sont pas réglementaires »
À la suite de la diffusion des vidéos par les médias, le ministre de l’Intérieur, Laurent NuÂÂñez, a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative. Invité jeudi matin sur France inter, il a déclaré condamner les propos entendus sur les images et « des gestes qui manifestement ne sont pas réglementaires ».
Il a néanmoins indiqué qu’il ne laisserait « jamais critiquer les forces de sécurité intérieure ». « Ce genre de faits qui sont graves, j’en conviens, permettent toujours à certains de critiquer d’une manière générale l’institution policière ou la gendarmerie. »
Pour rappel, le rassemblement, interdit, avait dégénéré en affrontements, avec des lancers de grenades lacrymogènes et explosives, des tirs de LBD en réponse à des jets de pierres, de cocktails Molotov et des tirs de mortiers. Les manifestants avaient revendiqué 200 blessés dans leur camp, dont 40 graves. Les gendarmes en avaient déploré 45.