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Après les menaces de boycott, le festival d’Angoulême écarte définitivement son délégataire historique de l’organisation

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photo  des visiteurs regardent des affichages dans le cadre d’une exposition du festival de la bande dessinée d’angoulême, le 30 janvier 2025.  ©  romain perrocheau / archives afp 1

Des visiteurs regardent des affichages dans le cadre d’une exposition du festival de la bande dessinée d’Angoulême, le 30 janvier 2025. © ROMAIN PERROCHEAU / Archives AFP

Jeudi 13 novembre, le festival d’Angoulême a publié un communiqué dans lequel il annonce mettre en place un nouveau processus de sélection pour l’organisateur de l’événement. Le délégataire historique depuis 2007, 9eArt +, très décrié par les professionnels du milieu, va quant à lui être écarté de l’organisation.

Les appels au boycott ont fait plier l’association propriétaire du festival de BD d’Angoulême (FIBD), qui a annoncé jeudi 13 novembre 2025 un nouveau processus de sélection pour le choix du futur organisateur de l’événement, dont sera écarté l’actuel délégataire 9eArt +, très critiqué, rapporte l’Agence France-Presse (AFP).

De nombreux auteurs et éditeurs de bande dessinée avaient menacé de boycotter l’édition 2026 du festival, après le choix samedi de l’association de demander un « rapprochement » entre les deux derniers candidats retenus pour son organisation à partir de 2028, 9eArt + et la Cité Internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBDI).

« Ce choix n’a manifestement pas recueilli l’assentiment des parties prenantes de l’événement », constate, dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, l’association FIBD qui « décide de rendre caducs les résultats de l’appel à concurrence » et « atteste que 9eArt + ne sera pas reconduit au-delà » de son contrat actuel, expirant en 2027.

« Un comité de pilotage »

L’association va donc « constituer un comité de pilotage destiné à lancer un nouveau processus de sélection », « composé de représentants de l’association FIBD, des financeurs publics, des professionnels du secteur ».

Installé le 18 décembre, il devra notamment « définir les orientations stratégiques et les priorités liées au prochain appel d’offres », dont les résultats seront proclamés le 18 juin prochain, précise-t-elle.

Le festival d’Angoulême, créé en 1974, est organisé par 9eArt + depuis 2007. La dernière édition, en début d’année, avait été marquée par une virulente mise en cause de cette société privée, accusée dans L’Humanité magazine d’opacité financière, de « dérives » mercantiles et d’avoir licencié une salariée, en 2024, qui venait de porter plainte pour un viol survenu en marge du festival.

Une information judiciaire est ouverte sur ces faits et la jeune femme conteste son licenciement pour « faute grave » – l’entreprise lui reproche un « comportement incompatible » avec son image – devant les prud’hommes.

Au printemps, sous la pression des financeurs publics du festival (État et collectivités locales) et d’un appel au boycott signé par des auteurs comme Luz ou Fabcaro, l’association du festival d’Angoulême avait mis fin au contrat de 9eArt +, ouvrant à la concurrence l’organisation de l’événement à partir de 2028. En juillet, le délégataire historique avait annoncé le retrait à cet horizon de son directeur décrié, Franck Bondoux, sans renoncer à candidater à l’appel à projets.

« Le festival est en danger de mort »

Le scénario d’une gestion partagée entre 9eArt + et la CIBDI, un établissement public qui abrite le musée de la BD, n’a pas éteint l’incendie. « Le festival de la bande dessinée d’Angoulême est en danger de mort », ont alerté lundi 22 lauréats du Grand prix, récompense suprême du festival, parmi lesquels Riad Sattouf, Lewis Trondheim, Posy Simmonds, Jacques Tardi, Art Spiegelmann ou la lauréate 2025 Anouk Ricard. « Il est grand temps de tourner la page 9eArt + pour que le Festival retrouve, avec de nouveaux opérateurs, les valeurs qui ont construit sa notoriété internationale », ajoutaient-ils.

Lors d’une réunion, également lundi, avec la mairie d’Angoulême, l’agglomération et la région Nouvelle-Aquitaine, une vingtaine d’éditeurs avaient aussi exprimé leur volonté de « voir Franck Boudoux partir », et « pour certains dès maintenant », a déclaré mardi à l’AFP le maire d’Angoulême Xavier Bonnefont, également président de l’intercommunalité.

Les éditeurs attendent « une clarification », « une reprise en main des collectivités », et demandent « que la suite se fasse sans 9eArt + et Franck Boudoux », avait ajouté Frédéric Vilcocq, le conseiller culture de la région Nouvelle-Aquitaine. D’autres réunions, entre juristes des financeurs, entre politiques et avec l’association étaient prévues dans la semaine, avait indiqué Xavier Bonnefont.

Le festival a déjà connu par le passé des remous. En 2016, les éditeurs avaient ainsi menacé de boycotter l’édition suivante, si une « refonte radicale » de l’événement n’était « pas mise en œuvre dans les meilleurs délais ».

La 53e édition du festival doit se tenir du 29 janvier au 1er février 2026.

 
Ouest-France  

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