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Festival d’Angoulême : un millier de professionnels de la BD appellent à boycotter l’événement

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photo  plus de 1 000 professionnels de la bande dessinée ont signé la pétition appelant au boycott du festival d’angoulême (fibd), depuis sa mise en ligne jeudi 17 avril 2025.  ©  archives 1

Plus de 1 000 professionnels de la bande dessinée ont signé la pétition appelant au boycott du Festival d’Angoulême (FIBD), depuis sa mise en ligne jeudi 17 avril 2025. © archives

Les professionnels de la bande dessinée se rebellent. Dans une pétition mise en ligne jeudi 17 avril, ils dénoncent « la nocivité du contrat » qui lie l’association du festival d’Angoulême à la société 9eArt +, accusée de dérives commerciales et managériales. Et menacent de boycotter la prochaine édition de ce rendez-vous incontournable de la BD.

« Nous n’irons pas à Angoulême ! » Auteurs, coloristes, traducteurs… Plus de 1 000 professionnels de la bande dessinée ont d’ores et déjà signé la pétition appelant au boycott du Festival d’Angoulême (FIBD), depuis sa mise en ligne jeudi 17 avril 2025. Une initiative qui illustre la colère qui monte depuis la dernière édition contre la société organisatrice du festival, 9?Art +, et son délégué général, Franck Bondoux. Nombre d’auteurs et éditeurs avaient appelé à renouveler la direction et la gouvernance du plus grand festival de BD au monde.

Parmi les signataires figurent de grands noms du secteur, dont quelques Grand Prix et lauréats : Anouk Ricard, Luz, Emil Ferris, Art Spiegelman, Lewis Trondheim, Catherine Meurisse, Pascal Rabaté, Cyril Pedrosa, Chloé Cruchaudet… « Depuis plusieurs mois, nous, professionnel·les de la bande dessinée, auteur·ices et autres travailleur·euses du milieu, interpellons l’Association du FIBD d’Angoulême sur la nocivité du contrat qui la lie avec la société 9eArt +, depuis près de 20 ans, dénoncent-ils. Une société dont les pratiques managériales ont été questionnées dans plusieurs articles de presse, dont une enquête de L’Humanité magazine qui révèle notamment le licenciement d’une employée après qu’elle a dénoncé un viol lors de la 51e édition. »

L’État « vigilant » après des « dysfonctionnements »

Accusée notamment de dérives commerciales, la société 9eArt +, qui gère Angoulême depuis 2007, envisage de fusionner avec l’association fondatrice du festival. La question se pose au moment où le partenariat entre l’association et l’entreprise doit, dans les prochaines semaines, être soit reconduit, soit dénoncé. Selon les détracteurs du projet, une telle fusion écarterait toute concurrence et assurerait la mainmise durable de 9eArt + sur le festival. « Des fantasmes », a balayé auprès de l’AFP le dirigeant de 9eArt +, Franck Bondoux.

« L’État sera particulièrement vigilant à ce que la marque “FIBD” ne fasse pas l’objet d’une appropriation par un acteur privé », a réagi dans une déclaration écrite le ministère de la Culture, qui fait partie des principaux contributeurs publics du festival. État et collectivités fournissent près de la moitié des 6,3 millions d’euros de budget du Festival. « Plusieurs réunions se sont tenues pour faire le point sur les attentes des financeurs publics d’une part, et recueillir celles des professionnels (représentants des éditeurs et des auteurs), d’autre part », ajoute le ministère. Celui-ci s’était inquiété de « dysfonctionnements » lors de la dernière édition du festival fin janvier.

Le FIBD « appartient à la collectivité »

« Lors de la dernière réunion de l’ADBDA (Association pour le Développement de la Bande Dessinée d’Angoulême) du 3 avril, l’Association du FIBD a évoqué la possibilité de dénoncer le contrat qui la lie avec la société 9eArt +, mais elle n’a pas manifesté le souhait de soumettre la gestion du festival à un appel à projets impartial, s’inquiètent les signataires de la pétition. Elle semble au contraire vouloir concrétiser son projet de fusion en SAS avec 9eArt +, qui deviendrait, de fait, gérant illimité du festival. »

Les professionnels entendent « rappeler très fermement » à l’Association du FIBD que le festival « appartient désormais à la collectivité » et, à ce titre, l’appelle à « dénoncer ce contrat en bonne et due forme et à faire un appel à projets pour la gestion du festival ».

Sans quoi ils feront de l’édition 2026 une « coquille vide », menacent-ils, alors que le conseil d’administration se tient ce vendredi 18 avril avec, à l’ordre du jour, la « dénonciation » du partenariat actuel qui la lie à 9eArt +.

 
Ouest-France  

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