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Offrir un couteau à un enfant, ce n’est pas de l’histoire si ancienne…... |
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« Aussi loin que mes souvenirs me permettent, j’ai toujours eu un couteau dans ma poche », témoigne Lucien, 92 ans. Photo d’illustration. © KaninRoman / Getty Images / iStockphoto
Autres temps, autres mœurs. Comme nous le rappellent plusieurs lecteurs de Ouest-France, il était courant autrefois pour les enfants de se promener avec un couteau de poche. De nos jours, les vraies armes qu’ils portent sur eux ne sont pas forcément les plus aiguisées…
Et vous, avez-vous reçu un couteau en cadeau quand vous étiez petit ? La question fera sans doute frissonner les parents d’aujourd’hui, et pourtant, il y a encore quelques décennies en France, c’était une réalité.
Joseph, un lecteur des Côtes-d’Armor, nous l’a rappelé dans un courrier cette semaine : dans son enfance, il était courant d’offrir une lame à un enfant de 9-10 ans. « Pas pour en faire un usage “agressif”, mais pour des usages quotidiens “indispensables” », précisait-il, soulignant que cette marque de confiance des adultes symbolisait « l’entrée dans l’âge de raison », voire un « rite d’initiation ».
Son témoignage en a réveillé d’autres chez nos lecteurs. Pierre, qui habite l’Ille-et-Vilaine, ne se souvient pas de l’âge auquel il a reçu ce qu’il appelle « le premier outil de l’enfant » – qui lui fut bien utile pour « fabriquer ses jouets, bâtons sculptés, petits moulinets à vent ou à eau, avions à hélice et autres » – mais il n’a pas oublié la pie qui le lui avait chipé ! « Aussi loin que mes souvenirs me permettent, j’ai toujours eu un couteau dans ma poche. Très utile lorsque l’on rencontre un saucisson ou une bonne bouteille », confirme Lucien, 92 ans.
Pas toujours des enfants de chœur
Daniel, 72 ans, de l’Allier, est catégorique : « C’est vrai, nous en avions tous et jamais personne n’a été agressé avec un couteau. Que les temps ont bien changé. Jamais nous n’aurions fait de mal à un camarade ou un instituteur. » Par curiosité, on a cherché dans les archives de Ouest-France, et en dehors de multiples rixes à l’arme blanche impliquant des jeunes hommes dans les années 1950 et 1960, on a tout de même trouvé le cas d’un enfant italien qui avait tué son institutrice avec un couteau en 1959. Dans un registre à peine moins belliqueux, on n’ose rappeler à Daniel les altercations qui opposaient parfois les garnements dans les villages et cours de récré (souvenez-vous de l’ambiance de La Guerre des boutons !), et qui nous prouvent que les enfants n’étaient pas toujours des enfants de chœur !
Reste que la société a changé et les établissements scolaires sont en première ligne. Lucien le résume bien : « J’ai offert à chacun de mes petits-enfants un couteau pour marquer leur passage à l’âge des responsabilités. Pour mes arrière-petits-enfants, j’hésite. Sûr que je ne le remplacerai pas par un téléphone. » Notre lecteur a raison, à l’heure des réseaux sociaux et de leurs effets délétères sur les jeunes, les armes modernes ne sont pas forcément les plus tranchantes…
Pour rappel, que ce soit pour les mineurs ou les majeurs, le port et le transport d’une arme blanche sans motif légitime sont interdits par la loi, passibles d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.