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Sable du Sahara : les concentrations de particules scrutées attentivement, alors qu’un nuage traverse la France... |
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L’arrivée d’un précédent nuage de sable, en 2022, avait créé une ambiance de fin du monde, dans le centre-ville de Nantes. © Franck Dubray / Ouest France
« Le panache de poussières désertiques actuellement au-dessus de la France devrait se déplacer vers le nord-est » du pays d’ici ce jeudi 5 mars, voire vendredi, indique l’organisme de prévision de la qualité de l’air Prev’Air, qui dit rester « vigilant quant à l’évolution de la situation dans les prochains jours ».
Le nuage de sable venu tout droit du Sahara poursuit sa progression sur l’Hexagone. Le ciel devrait se teinter d’ocre sur une grande partie du pays, ce jeudi 5 mars 2026. « Se mêlant aux nuages, les poussières désertiques remontent jusqu’au nord du pays, en concentration suffisante pour ternir le ciel », décrit Météo France, dans son bulletin de prévisions. Précisant que : « Le nord de la Seine et le Grand-Est restent encore relativement épargnés des concentrations les plus élevées. »
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Comme l’indique le suivi en temps réel de la concentration de poussière dans l’air effectué par l’université d’Athènes, ce nuage, qui a commencé à survoler l’Europe depuis le début de semaine, devrait stagner au-dessus de la France, au moins partiellement jusqu’à mardi prochain.
« De possibles dépassements du seuil d’information »
L’arrivée de ces poussières désertiques risque d’avoir un impact sur la qualité de l’air, puisque cette dernière « devrait continuer de se dégrader ce jeudi », indique dans un point de situation la plateforme nationale de prévision de la qualité de l’air Prev’Air. L’organisme prévoit des concentrations en PM10 (les particules de diamètre inférieur à 10 micromètres) « toujours élevées sur les Pyrénées pouvant affecter les régions de l’Occitanie et de la Nouvelle-Aquitaine, avec de possibles dépassements localisés du seuil d’information ».
Prev’Air indique également que dans une moindre mesure, « des hausses de concentrations en PM10 devraient également survenir dans d’autres régions comme Auvergne-Rhône-Alpes, Corse et Grand Est ».
La progression du nuage de sable sera scrutée avec attention par Prev’Air, qui dit rester « vigilant quant à l’évolution de la situation dans les prochains jours ».
« Le panache de poussières désertiques actuellement au-dessus de la France devrait se déplacer vers le nord-est d’ici aujourd’hui à demain. Les concentrations de particules pourraient également monter ce vendredi 6 et samedi 7 mars dans le nord de France », précise l’organisme.
De possibles difficultés respiratoires
Plus cette concentration en particules est importante et plus elle est susceptible de causer des difficultés respiratoires chez les plus fragiles, de causer des irritations du nez, des yeux et de la gorge et d’accentuer les allergies chez ceux qui en souffrent.
Les effets sur le corps dépendent de la taille des particules, comme le relève un rapport de l’Institut de veille sanitaire des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse, qui, en 2017, a étudié la problématique des vents de sables en provenance du désert. « Les grosses particules PM10 sont plus susceptibles d’être déposées dans les bronches et ainsi affectent les capacités respiratoires (asthme, maladie pulmonaire obstructive chronique, pneumonie et autres infections respiratoires) », explique son rapport.
Météo France rappelle que ce phénomène est lié à une dépression qui touche le nord-ouest de l’Afrique du Nord. « Associée aux vents forts qu’elle génère, elle soulève alors le sable du désert africain », puis, en cas de flux puissants au niveau de la Méditerranée et du Maghreb, « les particules transportées par le vent traversent la mer et peuvent venir se déposer jusque sur le sud de l’Europe ».