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Municipales 2026 : mal-inscription, vote sur plusieurs jours… Des pistes pour enrayer la hausse de l’abstention... |
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La participation n’a pas été à la hauteur aux élections municipales. © Vincent MICHEL / Ouest-France
Expert associé à la Fondation Jean-Jaurès et directeur d’études de l’institut Bona Fidé, Dorian Dreuil explore quelques pistes d’évolutions, politiques et techniques. Comme la lutte contre la mal inscription ou la fin du vote unique le dimanche.
Une nouvelle alerte. Lors de ces élections municipales, la participation n’a pas été à la hauteur des espérances, alors que ce scrutin local est mobilisateur par nature, en raison de la proximité du maire avec ses habitants. Si le manque de suspense dans plus des deux tiers des communes – avec une seule liste en lice – a forcément démotivé les électeurs, il n’explique pas, à lui tout seul, la progression de 6,5 points de l’abstention entre 2014 et 2026.
Un phénomène de « démo-anxiété » s’empare de la société, note le politologue Dorian Dreuil. Il touche tous les territoires et scrutins, toutes les générations. Comment, alors, y remédier ? « La démocratie ne s’improvise pas. Elle se prépare, insiste l’expert associé à la Fondation Jean-Jaurès et directeur d’études de l’institut Bona Fidé. Sept millions d’électeurs, jeunes, surtout, sont mal inscrits. Ils sont généralement domiciliés électoralement dans la commune de leurs parents mais n’y vivent plus en raison de leurs études, de leur travail. Or, être mal inscrit triple le risque d’être abstentionniste. »
Dans des salles de sport ?
Autre urgence : en finir avec le vote unique le dimanche. Si cette tradition doit perdurer, elle doit s’accompagner d’innovations. « Aux Pays-Bas, on peut voter durant plusieurs jours dans des salles de sport. Au Portugal, on peut s’exprimer par anticipation… Pourquoi ne pas imaginer une appli sécurisée permettant de voter à distance ? Pourquoi ne pas autoriser aux municipales le vote à 16 ans et celui des étrangers, non ressortissants de l’Union européenne, résidant en France ? » s’interroge Dorian Dreuil.
Il insiste aussi sur le rôle des élus et des partis dans la lutte contre l’abstention. « Un enjeu politique fort mobilise. On l’a vu à l’été 2024, avec les législatives anticipées. Mais les suites de ce vote massif ont été sources de déceptions, lors du choix des Premiers ministres, dans le fonctionnement de l’Assemblée. Cela renforce l’idée que la démocratie ne fonctionne pas bien, faute de consensus. »
L’an prochain, les Français s’exprimeront lors de la présidentielle. « Ce scrutin sera déterminant pour notre système politique », estime Dorian Dreuil.