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La question du jour. Manifestation à Lyon : fallait-il interdire la marche d’extrême droite pour Quentin Deranque ?... |
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Au Mans, un hommage a été rendu à Quentin Deranque par un groupe d’extrême droite. © ML - Denis Lambert
Un hommage au militant d’extrême droite, battu à mort lors d’une rixe survenue après une embuscade d’un groupe d’ultra droite armé, a lieu à Lyon ce samedi 21 février. Le ministre de l’Intérieur et la préfecture ont donné leur feu vert à cette manifestation.
Une messe, un large portrait de Quentin Deranque sur l’Hôtel de Région et de premiers manifestants : un hommage au jeune militant d’extrême droite radicale se déroule samedi à Lyon sous haute surveillance.
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Plusieurs centaines de personnes, certaines le visage masqué, ont commencé à se rassembler en début d’après-midi sur une place d’un quartier résidentiel de la ville, d’où doit démarrer une marche en mémoire du jeune homme, battu à mort par des militants d’ultragauche le 12 février.
On ne tolérera pas le moindre incident au sein du cortège
, ni en marge de cette marche
, a déclaré avant le début de la marche la préfète du Rhône Fabienne Buccio, en expliquant que la vigilance se prolongerait dans la soirée
pour éviter tout affrontement avec des contre-manifestants.
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De 2 000 à 3 000 participants sont attendus, selon le ministère de l’Intérieur, venus de toute la France et même d’Europe, plusieurs groupes d’ultradroite ayant relayé les appels à venir dans la capitale des Gaules.
Le maire plaidait pour que la marche soit interdite
Je ne veux pas que Lyon soit la capitale de l’ultradroite, à aucun moment
, a déclaré son maire écologiste, Grégory Doucet, qui avait plaidé en vain pour que la marche soit interdite.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et la préfecture ont expliqué avoir pesé le risque de violences
et de trouble à l’ordre public
à l’aune de la nécessaire liberté d’expression
et ont donné leur feu vert, tout en mobilisant un dispositif de sécurité renforcé.
À quelques heures du départ du cortège, le président Emmanuel Macron a appelé tout le monde au calme
, et a annoncé que le gouvernement se réunirait la semaine prochaine pour discuter des groupes d’action violente
.
Relayé sur les réseaux
La déclaration de manifestation a été déposée en préfecture par une ancienne porte-parole du mouvement anti-avortement, Aliette Espieux, qui se présente comme une amie
du défunt.
L’appel a été abondamment relayé sur les réseaux sociaux par des groupuscules d’ultradroite : les nationaux-révolutionnaires
Allobroges Bourgoin, dont Quentin Deranque a été membre, les identitaires d’Héritage Lyon et du collectif féministe Némésis, les nationaux-identitaires
d’Audace Lyon et les nationalistes monarchistes et antirépublicains de l’Action française.
Avant le départ du cortège, un hommage à Quentin Deranque a été rendu dans l’église traditionaliste Saint-Georges, dont les offices sont dits en latin et que fréquentait le jeune homme.
La région Auvergne-Rhône-Alpes, dont l’exécutif est LR, a pour sa part déployé un large portrait du jeune homme sur sa façade.
Craintes de débordements
Sur le parcours du cortège, la vigilance est de mise. On reste ouvert, on garde les clés sur nous au cas où ça dégénère. Mais on sait que la police n’est pas loin
, a confié à l’AFP la responsable d’un café sous couvert d’anonymat.
Les autorités craignent des débordements dans le cortège, mais surtout d’éventuels affrontements avec l’ultragauche, même si, selon la préfète, aucun appel à organiser des contre-manifestations n’a été détecté sur les réseaux sociaux.
Pour les éviter, le ministère de l’Intérieur a dépêché plusieurs compagnies républicaines de sécurité, des escadrons de gendarmerie mobile, ainsi que de policiers nationaux
d’autres départements, qui aideront aussi à sécuriser les gares
et patrouiller dans les transports en commun
.
Deux drones doivent surveiller les mouvements de foule et un arrêté interdit tout rassemblement dans un large périmètre samedi.
À Rennes, une centaine de personnes ont rendu hommage à Quentin Deranque en fin de matinée. Face à eux, près de 300 contre-manifestants ont déployé une banderole disant on ne pleure pas les nazis
. Quand certains ont essayé de sortir du périmètre autorisé, les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour les bloquer.
Jeudi soir, sept hommes, dont deux assistants parlementaires du député LFI Raphaël Arnault, fondateur du mouvement d’ultragauche dissous La Jeune Garde, ont été mis en examen pour homicide volontaire
ou « complicité.