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Incendies en Gironde. Pourquoi les pompiers peinent à fixer les feux... |
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Un Canadair survole l’incendie à La Teste-de-Buch (Gironde), le 14 juillet. © THIBAUD MORITZ / AFP
Des incendies ont déjà ravagé près de 7 700 hectares en Gironde. Les pompiers peinent à fixer les feux, commencés mardi 12 juillet. La conséquence de conditions climatiques explosives et d’une végétation dense.
La Gironde brûle. Depuis mardi 12 juillet, deux incendies – l’un dans le secteur de La Teste-de-Buch, l’autre dans celui de Landiras – ont ravagé près de 7 700 hectares de pins et ont entraîné l’évacuation de 11 300 personnes. Pour faire face à ces flammes, un millier de pompiers sont mobilisés, appuyés par une flotte de Canadair et de Dash.
Malgré les importants moyens terrestres et aériens engagés, les incendies ne sont pas encore fixés
, admet la préfecture. Les feux continuent de gagner du terrain. Pourquoi les pompiers ont-ils autant de mal à les contenir ?
Des conditions météorologiques défavorables
Plusieurs éléments climatiques favorisent la propagation du feu. Tout d’abord, le temps est sec, ce qui a rendu la végétation très sèche et donc plus inflammable. Aucune pluie n’est d’ailleurs attendue pour les sept prochains jours.
Dans le même temps, les températures se maintiennent à des niveaux records, aux alentours de 35 degrés. La Gironde est d’ailleurs en vigilance orange canicule. Le thermomètre devrait encore grimper en début de semaine prochaine pour dépasser les 40 degrés.
Dernier point crucial pour l’évolution de l’incendie : le vent. La région connaît actuellement des rafales de 40 km/h. Les vents sont tournants notamment dans le secteur de Landiras et rendent difficile le travail des pompiers. Les feux ne sont toujours pas fixés et malheureusement les conditions sont similaires avec des prévisions de vents pour aujourd’hui
, a expliqué de son côté à l’AFP le commandant des pompiers Matthieu Jomain.
La situation est défavorable, avec un terrain difficile au sol, du vent, des fortes chaleurs
, résume la préfète de Gironde.
Une végétation « très dense »
La végétation est très dense
, a expliqué Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, sur BFMTV . Il constate que ce sont souvent des feux de cimes qui partent
, soit des feux qui touchent la partie supérieure des arbres. D’autant que cette région abrite surtout de grands pins.
C’est extrêmement délicat de pouvoir faire face à la fois à des feux de cimes et à des feux de couvert végétal un peu plus bas
, poursuit Éric Brocardi.
?? Feu fixé, maîtrisé, circonscrit…
— BFMTV (@BFMTV) July 15, 2022
? Éric Brocardi, porte-parole des sapeurs-pompiers explique les différentes phases d'un incendie pic.twitter.com/AnSxEY0Tpj
Selon Patrick Davet, maire de La-Teste-de-Buch, l’entretien des espaces boisés n’a pas été suffisant. Il faut impérativement qu’elle soit entretenue différemment, parce que les pompiers n’ont pas pu passer partout, ce qui a permis au feu de se répandre
, a-t-il déclaré jeudi sur RTL .
Quelle stratégie pour les pompiers ?
Les efforts des pompiers se concentrent contre les lisières du feu. Ils essayent aussi de protéger en priorité les habitations. Jusqu’à présent, c’est plutôt un succès puisqu’à part quelques maisons et un restaurant de La Teste-de-Buch, les dégâts matériels sont limités et aucune victime n’est à déplorer.
C’est compliqué, la guerre est ouverte
, admet le commandant Matthieu Jomain, mais on ne court pas après le feu, on cherche à réduire sa tête
.
Comment ? À La Teste-de-Buch, des actions de jalonnement visent à prendre le feu de côté
tandis qu’à Landiras, les pompiers mettent en œuvre des feux tactiques
, qui consistent à brûler des parcelles pour créer des zones vierges et juguler l’expansion du feu
.
Une stratégie qui semble porter ses fruits puisque Matthieu Jomain a constaté ce vendredi après-midi sur BFMTV un semblant de ralentissement de l’évolution sur le secteur de La Teste-de-Buch
et une situation qui progresse sur le secteur de Landiras
.
Incendie à La Teste-de-Buch: Matthieu Jomain, porte-parole du SDIS 33, évoque "un semblant de ralentissement" pic.twitter.com/PU8maWT3LG
— BFMTV (@BFMTV) July 15, 2022
Il salue également l’appuie massif des moyens aériens avec des rotations extrêmement courtes
grâce à la présence de point d’eau à proximité. Les pompiers vont aussi essayer de profiter de la nuit, avec la baisse des températures, pour contenir le feu. D’autres renforts sont également attendus.