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Deux-Sèvres. Sur les traces des héros Résistants de Tourtenay... |
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Noémie Langrené a décrit les principaux lieux de résistance de la petite commune thouarsaise. © Archives CO – Guillaume RAINEAU
En 1941 puis en 1943, deux réseaux de Résistance ont récupéré des armes et des postes émetteurs largués par l’aviation anglaise, à Tourtenay, près de Thouars (Deux-Sèvres). Une visite découverte est programmée dimanche 1er août.
Rares sont les villages aussi petits et à la fois si riches en histoire. Tourtenay, 120 habitants, aux confins des Deux-Sèvres, près de Thouars, est un village à deux visages, qui se confondent : un patrimoine troglodyte exceptionnel et unique en Deux-Sèvres, et un lieu de mémoire de la Seconde guerre mondiale. Car ses innombrables caves troglodytes en ont fait très tôt l’une des places fortes de la Résistance dans la région. Ce passé encore vif se revit à l’envi cet été grâce aux visites organisées par le Centre régional Résistance et liberté (CRRL).
« Des choses extraordinaires se sont produites ici »
Des choses extraordinaires se sont produites ici »,
rappelle aux visiteurs Noémie Langrené, la médiatrice culturelle au CRRL. À quatre reprises – en août, septembre, octobre et novembre 1941- des parachutages effectués par la Royal Air Force ont eu lieu à cet endroit, à deux pas de la ferme de Maurice Touret, point de rassemblement de l’équipe de réception. Quand ils entendaient « Nous boirons un Pernod à votre santé » sur les ondes de la BBC, les Thouarsais devaient se préparer, sans éveiller bien entendu les soupçons des autres habitants…

Un parcours découverte sur 2 km du village à Tourtenay. Archives
Haut-lieu du renseignement
La région thouarsaise était un haut-lieu du renseignement grâce notamment au radiologue André Colas et au chirurgien André Chauvenet. Le réseau CND (Confrérie Notre-Dame) a été un des premiers réseaux de résistance à se constituer dès l’été 1940. Le réseau travaillait pour récupérer des renseignements sur tout l’Arc atlantique, de Biarritz à Brest.
Plus tard, c’est au tour de l’Organisation civile et militaire (OCM) de choisir Tourtenay pour que des armes soient larguées par parachutes, dans les nuits du 14 au 15 juin, puis du 16 au 17 juin 1943. Pas loin de 3,5 tonnes d’armes et un nouveau poste émetteur ont été réceptionnés dans un champ qu’on aperçoit non loin. Il fallait que ce soit un terrain vaste, isolé, avec quelques arbres. Un chemin devait permettre d’y accéder. Ce terrain devait être proche des endroits où les armes allaient être cachées
, décrit Noémie Langrené.
Les armes ont ensuite été cachées dans la ferme familiale des Pichot. Gérard Pichot fut arrêté et ne revint de déportation qu’en 1945. Il donna naissance, bien plus tard, au Centre régional Résistance et Liberté, à Thouars.
Visite du village résistant de Tourtenay, dimanche 1er août, à 15 h. Adultes (à partir de 13 ans) : de 4 € à 6 € ; gratuit moins de 13 ans et adhérents CRRL. Réservations : tél. 05 49 66 17 65.