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Accident de car de Puisseguin : la cour d’appel rouvre l’instruction, vers un nouveau procès... |
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L’accident de car de Puisseguin (Gironde) avait fait 43 morts, le 23 octobre 2015. © AFP
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux a décidé de rouvrir le dossier de l’affaire de l’accident de car à Puisseguin (Gironde), qui avait fait 43 morts en 2015. Plusieurs mises en examen ont été prononcées.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux a tranché. Elle a décidé, ce jeudi 2 mars 2023, de rouvrir le dossier de l’affaire de l’accident de car de Puisseguin, drame de la route dans lequel 43 personnes étaient décédées en 2015.
« C’est une nouvelle instruction qui commence, on va enfin se poser des questions sur les bus et sur leur sécurité », s’est félicité Me Marie Mescam, avocate des parties civiles. « C’est un soulagement d’être enfin entendus », a réagi, les larmes aux yeux, Hélène Vigier, membre du Collectif des victimes de Puisseguin.
Un drame effroyable en 2015 et un non-lieu en octobre 2021
Le 23 octobre 2015 à la sortie de Puisseguin (Gironde), un autocar transportant des retraités en excursion était entré en collision avec un semi-remorque roulant en sens inverse. 41 passagers du bus étaient morts, brûlés vifs ou asphyxiés. Le chauffeur du camion et son fils de 3 ans avaient également péri dans l’accident.
Le juge d’instruction de Libourne avait rendu une ordonnance de non-lieu en octobre 2021, clôturant l’enquête sans qu’aucune mise en examen ne soit prononcée. Pour le magistrat, seule la vitesse excessive du conducteur du semi-remorque était en cause dans l’accident.
Plusieurs mises en examen
En novembre dernier, le parquet avait requis devant l’instance judiciaire une réouverture de l’instruction sur l’accident le plus meurtrier en France depuis 1982, demandant également la mise en examen de trois sociétés : le concessionnaire du camion, la société de poids lourds et celle ayant réalisé le contrôle technique.
Selon les avocats des parties civiles, la cour d’appel a mis en examen une personne physique et trois sociétés : le concessionnaire du camion qui a percuté l’autocar, la société locatrice de ce véhicule et celle qui l’utilisait le jour de l’accident. Le représentant en France d’Evobus (constructeur du car Mercedes) a par ailleurs été placé sous le statut de témoin assisté.
Un espoir pour les proches des victimes d’obtenir justice, plus de 7 ans après les faits. Le collectif des victimes de Puisseguin pointe notamment depuis plusieurs années la vitesse de propagation des flammes lors de l’accident, dénonçant les matériaux et l’état du véhicule.