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« Un projet réaliste » : Emmanuel Macron devrait annoncer ce jeudi un nouveau service militaire volontaire1 |
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Emmanuel Macron se rend, ce jeudi 27 novembre 2025, en fin de matinée, à Varces (Isère), au sein de la 27e Brigade d’infanterie de montagne. © Vincent MICHEL/Archives Ouest-France
Le chef de l’État se déplace ce jeudi à Varces (Isère). Il sera accueilli au sein de la 27e Brigade d’infanterie de montagne. Son allocution est programmée à midi, dans le prolongement de ce qu’il a déjà pu dire le 20 janvier dernier, lors de ses vœux aux forces armées à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), et lors de sa déclaration aux forces militaires à la veille du défilé du 14-Juillet sur les Champs-Élysées.
Un déplacement rapide, pour des annonces très attendues. Emmanuel Macron se rend, ce jeudi 27 novembre 2025, en fin de matinée, à Varces (Isère), au sein de la 27e Brigade d’infanterie de montagne (Bim). L’occasion pour lui de lever le voile sur l’avenir du Service national universel (SNU) et sa transformation probable en service national volontaire. Le Président arrivera au « Bim » à 11 h 15. Après une revue des troupes et une cérémonie de levée des couleurs, il prononcera un discours vers midi. Ce séjour express sera également l’occasion pour lui d’échanger avec de jeunes engagés, ainsi qu’avec des participants à la Journée défense et citoyenneté obligatoire pour les 16-25 ans.
Que pourrait annoncer le chef de l’État ?
Même si le palais de l’Élysée reste très discret sur le contenu de l’allocution présidentielle, quelques indiscrétions ont, malgré tout, fuité ces dernières heures. Emmanuel Macron souhaiterait mettre en place un service militaire volontaire de dix mois, dès l’année prochaine. Celui-ci serait ouvert aux filles et garçons dès 18 ans, et serait rémunéré entre 900 et 1 000 € par mois. Pour ne pas pénaliser les bacheliers, des crédits ECTS leur seront octroyés, leur permettant d’obtenir des équivalences en études supérieures.
L’objectif de l’Élysée serait de séduire entre 2 000 et 3 000 jeunes la première année, 10 000 les années suivantes pour atteindre les 50 000 en 2035. « Le projet que nous allons dévoiler est réaliste et tient compte de nos capacités d’hébergement et d’encadrement », indique le palais présidentiel, précisant que le Service national universel, créé en 2019, doit être remanié. « Il ne correspond plus aux besoins de la période, au contexte stratégique. »
Pourquoi une telle annonce, ce jeudi ?
Il s’agit, pour le chef de l’État, de prolonger plusieurs prises de parole passées. Le 20 janvier 2025, lors de ses vÅ“ux aux forces armées à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), Emmanuel Macron avait indiqué que « face à l’accélération des périls, nous devons, avec réalisme, proposer à notre jeunesse un engagement fort ». Selon lui, pour celles et ceux « ayant soif d’idéal », l’État n’a pas toujours « de réponse d’engagement suffisamment exigeant à apporter ».Â
D’où l’idée d’un service national volontaire, afin de permettre « à une jeunesse d’apprendre avec les armées et d’en renforcer les rangs grâce à des talents recherchés ». Six mois plus tard, le 13 juillet 2025, lors de sa déclaration aux forces militaires à la veille du défilé sur les Champs-Élysées, le chef de l’État avait promis de donner à l’automne « un nouveau cap à la jeunesse pour servir dans nos armées ». Les jours gris sont arrivés. Le président de la République va donc s’exprimer dans les toutes prochaines heures.
Les jeunes sont-ils prêts à s’engager ?
La présidence de la République en est convaincue. Elle s’appuie sur une enquête de la chercheuse Anne Muxel, directrice de recherche émérite au CNRS, publiée en 2024. Selon cette étude, 52 % des jeunes interrogés disent avoir un intérêt pour les questions militaires. 82 % des jeunes ont confiance en l’institution militaire. Chaque année, près de 90 000 d’entre eux se présentent aux tests de recrutement des armées, 47 % souhaitent renforcer la réserve. Par ailleurs, l’antimilitarisme décline très largement chez les jeunes de gauche. Actuellement, la France compte quelque 47 000 réservistes. L’ambition des armées est d’atteindre les 100 000. Pour y parvenir, la Journée de défense et de citoyenneté a été dépoussiérée cette année. À noter qu’il existe également un service militaire adapté (d’insertion socioprofessionnelle), pour les 16-25 ans éloignés de l’emploi et résidant dans les territoires ultramarins.
Ces jeunes volontaires iront-ils au front ?
Non. Emmanuel Macron a répondu très clairement à cette question, mardi matin sur RTL. Hors de question de les envoyer en Ukraine ou sur toute autre opération extérieure. Il leur sera, en revanche, possible d’intégrer l’opération Sentinelle luttant contre le terrorisme. En 2024, les armées françaises comptaient 201 332 militaires de métier. Le budget de la Défense passera de 32 milliards en 2017 à 64 milliards en 2027.
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