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Thouars. Avec son vélo taxi, il va rouler pour les autres !... |
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Pierre Escudié à bord de son vélo taxi Thouars. © CO. Arnaud Galinat
Constatant l’absence de transports en commun à Thouars, et la difficulté de seniors à se déplacer en ville, Pierre Escudié a décidé de lancer sa petite entreprise de vélo taxi.
Si vous l’avez croisé, vous ne l’avez probablement pas raté. Un Orni (objet roulant non identifié), qui se balade sur les routes thouarsaises depuis quelques jours. Une sorte de tuk-tuk, moderne, et surtout écologique. Ici, pas de moteur à essence. Tout se fait à la force des jambes, ou presque. À 66 ans, Pierre Escudié, à l’origine de cette initiative, n’est quand même pas contre un peu d’assistance électrique. « Quand même, car Thouars, ça monte et ça descend ! », en rigole-t-il.
« Il y a un vide et une demande à combler »
Si le projet mûrit depuis sept mois, l’idée date un peu. De son voyage à Madagascar, notamment, où l’on retrouve beaucoup de tuk-tuk. À la retraite depuis quelques années, après avoir été indépendant, il y voit un « complément de revenu »
, mais surtout l’opportunité « de travailler avec les personnes âgées, rendre service à ces personnes ayant des difficultés de déplacement ».
C’est ainsi que ce sportif s’est logiquement tourné vers les maisons de retraite, pour voir si un socle de clients était possible. Trois autres axes (lire par ailleurs) seront déployés ensuite.
Il s’est ensuite lancé, profitant de la brèche laissée par l’absence de transports en commun dans le Thouarsais. « Il y a bien le Comm’bus (N.D.L.R. : qui fonctionne sur le principe du transport à la demande), mais il a quelques lacunes. C’est le service mobilité qui m’a dit : ‘’On est 100 % avec vous, car c’est vrai qu’il y a un vide et une demande à combler.’’ Je proposerai plus de flexibilité et de réactivité. »
Avec une zone d’action assez large, au niveau de Thouars. Du marché place Lavault aux centres commerciaux, du château aux Bassins du Thouet ou encore de l’hippodrome à l’aérodrome.
Des carnets de tickets
Malgré l’enthousiasme de la collectivité, il n’y aura pas de coup de pouce financier. « Mais des conseils administratifs de la part des services « économie », afin d’obtenir des aides par ailleurs. »
Il sera éligible à celles de la Région, une fois la boîte véritablement lancée. Mais a dû investir sur ses propres deniers. Ce qui n’a pas été une sinécure. « Les banques n’ont pas cru au projet, demandaient des exemples locaux, mais il n’y avait rien à Thouars, j’innove ! »
Au final, il arrivera à emprunter 5 000 € via l’Adie, l’association pour le droit à l’initiative économique.
Une fois son étude de marché effectuée, il s’est penché sur la manière de commercialiser son concept. « L’idée, c’était d’avoir le moins d’argent possible sur moi »
, souffle-t-il. Il a donc opté pour des tickets, qu’il proposera à l’unité (2,80 €) ou en carnets (2,50 €). Pour les usagers, il en coûtera donc 2,50 € par tranche de dix minutes. Ils pourront être deux à l’arrière, avec un enfant en plus. La vitesse ne sera pas excessive. « Ça reste un vélo de balade. On peut aller plus vite que 15 km/h mais après, ça doit rester confortable. Même si j’installe des amortisseurs, avec l’état de certaines routes… »
Niveau horaire, le retraité se dit flexible. Avec certaines limites, toutefois. « On m’a demandé si je faisais les fins de soirée… Non, mais pourquoi pas chercher des gens si un restaurant appelle ? »
D’ailleurs, jusqu’à quand pense-t-il pédaler ? « Je sais que c’est pour trois à quatre ans. Arrivé à 70 ans, il faut un peu lever le pied. L’idée, c’est de bien mettre en place et, si un jeune motivé veut reprendre, je lui laisse la clef, et roule bonhomme ! »
Contact : 07 87 50 43 40 ou vtthouars@gmail.com
Le chiffre
2,50 euros, ce sera lala tranche de dix minutes pour un trajet de particulier. Des tickets seront proposés.
A savoir :Â Â une innovation, quatre piliers
Pour faire perdurer son concept de vélo taxi Thouars, Pierre Escudié espère se reposer sur quatre piliers
Les personnes âgées
C’est en quelque sorte le « cÅ“ur de cible »Â
de l’entreprise. Son idée part d’ailleurs de là . C’est après avoir aidé plusieurs seniors ayant des difficultés de transport, que Pierre Escudié s’est saisi de la question. Il a donc contacté les maisons de retraite, la résidence Molière et la résidence autonomie Gambetta, pour débuter (lire par ailleurs). Et, si son activité met du temps à démarrer, il n’exclut pas de s’ouvrir aux établissements publics d’hébergement de personnes âgées dépendantes (Ehpad) des environs, comme Saint-Varent, afin de proposer des promenades à la journée.
Les entreprises
En dehors des particuliers, le Thouarsais veut également s’ouvrir aux sociétés. « Si on ouvre la trappe à l’arrière, il y a un grand coffre qui peut accueillir des colis. L’idée est donc d’en transporter, façon coursier. Si une entreprise a besoin de transporter dans l’heure qui suit un pli urgent, ou des plans qu’une équipe a oublié d’amener sur un chantier… Puis des entreprises envoient quelqu’un pour relever le courrier à La Poste le matin. Moi, j’aimerais proposer mes services pour passer avec des sacoches et livrer les sociétés entre 8 et 9 heures. »
La publicité
À vadrouiller toute la journée, Pierre Escudié sera particulièrement visible. Il espère donc rentabiliser sa présence sur les routes thouarsaises « De la publicité peut être accolée sur près de 5m². Je vais donc vendre auprès des annonceurs. J’ai déjà pris des contacts auprès de Super U, Utile… Mon action va être surtout pour décorer les côtés. Je me réserve la plage arrière pour y glisser des affiches des festivités qui auront lieu tout au long de l’année sur la municipalité. »
Le tourisme
Des contacts ont déjà été pris avec la Maison du Thouarsais. « Des circuits touristiques pourraient être proposés, en plusieurs langues, de manière à ce que je puisse faire visiter la ville et amener les touristes à différents points où des guides les attendront. »