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Venezuela : l’opposant Juan Pablo Guanipa a été arrêté après sa libération, annonce le parquet... |
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La police anti-émeutes vénézuélienne monte la garde devant une prison de Caracas, où des manifestants demandent la libération d’opposant au régime, le 8 février 2026. © Juan BARRETO / AFP
Tout juste libéré de prison ce dimanche 8 février, l’opposant Juan Pablo Guanipa a été enlevé dans un quartier de Caracas, la capitale du Venezuela. Ses ravisseurs étaient « fortement armés », a dénoncé la prix Nobel de la paix, María Corina Machado. Le parquet a annoncé par la suite l’arrestation de cet opposant, quelques heures après sa libération.
Figure de l’opposition au Venezuela, Juan Pablo Guanipa a été enlevé à Caracas par « des hommes fortement armés » peu après avoir été libéré de prison dimanche 8 février 2026, a affirmé la cheffe de l’opposition et prix Nobel de la paix, María Corina Machado.
« Il y a quelques minutes, Juan Pablo Guanipa a été enlevé dans le quartier Los Chorros de Caracas. Des hommes fortement armés, vêtus en civil, sont arrivés dans quatre véhicules et l’ont emmené de force », a écrit Machado sur le réseau social X. « Nous exigeons sa libération immédiate », a-t-elle ajouté.
URGENT
— María Corina Machado (@MariaCorinaYA) February 9, 2026
International Alert
A few minutes ago, Juan Pablo Guanipa was kidnapped in the Los Chorros neighborhood of Caracas.
Heavily armed men dressed in civilian clothes arrived in four vehicles and took him away by force.
We demand his immediate release.
Le fils de l’opposant, Ramon Guanipa, a indiqué pour sa part que son père avait été kidnappé « par environ dix personnes non identifiées ». Le parti de Juan Pablo Guanipa, Primero Justicia, a dénoncé un enlèvement de son dirigeant « par les forces répressives de la dictature ».
Une arrestation de Juan Pablo Guanipa
Un peu plus tard, ce dimanche, le parquet a annoncé l’arrestation de cet opposant, estimant qu’il avait enfreint les conditions posées à sa libération. Quelques heures plus tôt, cet ancien vice-président du Parlement, âgé de 61 ans, avait été libéré de prison, à l’avant-veille du vote annoncé d’une loi d’amnistie historique au Venezuela. « Caché pendant dix mois, détenu ici pendant presque neuf mois » à Caracas, avait-il commenté dans une vidéo sur X en exhibant ce qui semblait être son ordre de remise en liberté.
La dernière apparition publique de l’opposant avant cette vidéo remontait au 9 janvier 2025, lorsqu’il avait accompagné María Corina Machado à un rassemblement de contestataires rejetant l’investiture de Nicolas Maduro pour un troisième mandat consécutif. Arrêté en mai 2025 sur des accusations de complot électoral, il avait par la suite été inculpé de terrorisme, blanchiment d’argent et d’incitation à la violence et à la haine.
Voir aussi : VIDÉO. Torturé « par des vampires » et accusé d’espionnage : un Français raconte l’enfer des prisons au Venezuela
Deux autres opposants relâchés
Freddy Superlano, un dirigeant de l’opposition vénézuélienne connu pour avoir remporté le poste de gouverneur de l’État de Barinas, la terre natale de l’ancien président Hugo Chávez, et Perkins Rocha, conseiller juridique de María Corina Machado, ont également été relâchés par les autorités dimanche. Freddy Superlano, 49 ans, et Perkins Rocha, 63 ans, avaient été arrêtés il y a un an et demi, après la réélection contestée du président Nicolas Maduro le 28 juillet 2024.
Le 8 janvier, le gouvernement intérimaire vénézuélien a promis, sous la pression des États-Unis, un processus de libération d’un « nombre significatif » de prisonniers, un peu plus d’un mois après la capture de Nicolas Maduro lors d’une spectaculaire opération américaine à Caracas. Depuis, des familles et des ONG dénoncent le fait que cela se fasse au compte-goutte.
De nouvelles libérations
L’ONG Foro Penal a recensé au moins 35 nouvelles libérations ce dimanche. Selon elle, près de 400 personnes détenues pour des raisons politiques ont été remises en liberté depuis le 8 janvier.
Vendredi, le chef du Parlement, Jorge Rodriguez, a promis que la loi d’amnistie sera adoptée définitivement mardi et que les prisonniers politiques « seront tous dehors » d’ici le 13 février. « Nous allons réparer toutes les erreurs qui ont pu être commises », avait assuré Jorge Rodriguez, qui est le frère de la présidente par intérim Delcy Rodriguez.