|
Mort de Quentin Deranque : « Nous n’approuvons pas la violence », affirme Jean-Luc Mélenchon... |
1
Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a déclaré mardi 17 février 2026 que son mouvement n’acceptait pas les « leçons » du Premier ministre Sébastien Lecornu, après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. © Amaury CORNU / HANS LUCAS VIA AFP
Alors que son mouvement est mis en cause depuis la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, le leader de la France insoumise a tenu à affirmer ses « divergences » avec la Jeune Garde, groupuscule antifasciste. Il a également déclaré que LFI « n’acceptait pas les leçons » du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui avait demandé au mouvement de « faire le ménage » dans ses rangs.
La France insoumise « n’accepte pas les leçons » de Sébastien Lecornu, qui a demandé au mouvement de gauche radicale de « faire le ménage » dans ses « rangs » après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, a prévenu mardi soir Jean-Luc Mélenchon, rapporte l’Agence France-Presse (AFP).
« Nous n’acceptons pas les leçons que nous donne Monsieur le Premier ministre, qui visiblement a pété un câble cet après-midi aux questions d’actualité » à l’Assemblée nationale, a déclaré le leader de LFI lors d’une conférence devant des militants à Paris, tout en réaffirmant que son mouvement n’approuvait « pas la violence ».
« La Jeune Garde tue »
Lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale particulièrement tendue, Sébastien Lecornu avait invité la France insoumise à « faire le ménage » dans ses « rangs » et dénoncé la « rhétorique de la confrontation », qui peut « infuser » dans la société, en invitant les dirigeants politiques à la « responsabilité ».
Le Premier ministre a jugé « ignoble » et « abjecte » la défense dans l’hémicycle de la cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot. L’élue venait d’accuser « ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir » et le gouvernement de n’avoir prévu « aucun dispositif » de sécurité autour de la présence du collectif identitaire Némésis, qui manifestait ce soir-là contre la conférence de Rima Hassan.
« Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject […] Il est temps que vous fassiez le ménage, madame la présidente Panot, le ménage dans vos propos, le ménage dans vos idées et surtout le ménage dans vos rangs », a lancé le chef du gouvernement.
« La Jeune Garde tue, et La France insoumise devrait le condamner », a affirmé de son côté le ministre de la Justice Gérald Darmanin, reprochant à LFI de la considérer comme « une organisation alliée ».
Lire aussi : Qu’est-ce que la Jeune Garde, le groupe antifasciste sous le feu des accusations après la mort de Quentin Deranque ?
Des « divergences » entre LFI et la Jeune Garde
Le député LFI Raphaël Arnault cristallise les critiques depuis la mort du militant nationaliste, en raison de son rôle charnière entre le mouvement contesté se revendiquant antifasciste la Jeune Garde, qu’il a co-fondé, et La France insoumise. Ce mardi, neuf suspects, dont l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault, Jacques-Elie Favrot, ont été interpellés dans le cadre de l’enquête sur la mort de Quentin Deranque. Il a « cessé toutes ses activités parlementaires », a écrit le député sur X.
« Nous avons fréquenté, et nous nous sommes délibérément rapprochés de la Jeune Garde », a reconnu mardi soir Jean-Luc Mélenchon, en qualifiant Raphaël Arnault de « bon député, travailleur », qui fait « honneur » à La France insoumise.
Le leader des Insoumis a raconté avoir pu observer, à un camp d’été du mouvement antifasciste où il avait été invité, « un groupe qui, dans une discipline parfaite, étudiait, travaillait, élevait son niveau de conscience collective ». « Des divergences souvent nous séparent. Nous n’approuvons pas la violence », a-t-il cependant noté.
Lors de sa conférence, Jean-Luc Mélenchon est également revenu sur le rapport des Insoumis avec les actions violentes. « Dans la violence, qu’elle soit défensive ou offensive, et je le dis en notre nom à tous, tous les coups ne sont pas permis », a-t-il martelé.
« On se déshonore lorsque, étant contre la peine de mort, on ne calcule plus la portée de ses propres actes, et que l’on frappe d’une manière qui, de toute évidence, comporte le risque d’infliger la mort », a-t-il également déclaré.