Accueil Info Info Niort La question du jour. Le repas universitaire à 1 € est-il une bonne idée ?

La question du jour. Le repas universitaire à 1 € est-il une bonne idée ?

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photo  les étudiants craignent de devoir faire la queue.  ©  archives co 1

Les étudiants craignent de devoir faire la queue. © ArchIves CO

Le repas universitaire à un euro, prévu par le gouvernement dans la partie dépenses du budget 2026, suscite l’inquiétude des personnels, déjà sous pression. Pour vous, est-ce une bonne idée ?

Le repas universitaire à un euro, prévu par le gouvernement dans la partie dépenses du budget 2026 sur laquelle il a engagé vendredi sa responsabilité, suscite l’inquiétude des personnels, déjà sous pression face à une forte augmentation de la fréquentation des restos U.

A Paris, sur le campus Nation de la Sorbonne Nouvelle, en milieu de semaine, le restaurant universitaire de 350 places ne désemplit pas. Il est théoriquement ouvert de 11 h 30 à 14 h mais la salle est encore à moitié pleine à 14 h 40, en raison d’une forte affluence.

 Parfois, la queue va de l’entrée jusqu’au Crous, à l’autre bout de la fac , raconte Julia, étudiante en médiation culturelle.  Le Crous n’est pas très grand. Plusieurs fois, j’ai mangé sur mes genoux, avec le plateau sur les cuisses. C’est clairement un problème de capacité .

 Il y a juste trop de monde , renchérit Loulwa, qui avoue entrer parfois par la sortie pour ne pas attendre.  Honnêtement, je ne vais pas faire 1 h 30 de queue .

Fanny, boursière, dit, elle,  ne pas avoir envie d’aller  au resto U car  il y a trop de gens .  Si c’est déjà bondé et qu’on fait une réduction pour tout le monde, ça va être encore pire .

« Défi »

Cette situation n’est pas isolée, dans un contexte de précarité étudiante. Dans beaucoup d’universités, les files d’attente sont conséquentes devant les restaurants des Crous (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires), témoignent étudiants et personnels.

Le repas à un euro y existe déjà pour les étudiants boursiers et en difficulté financière, après avoir été étendu provisoirement à tous pendant la pandémie de Covid. Les autres paient 3,30 €.

 La fréquentation des restaurants universitaires a explosé depuis l’après-Covid. Avec la première vague du repas à un euro, elle a augmenté de 20 % à 35 %. Les infrastructures sont saturées, les organisations de travail sont sous tension permanente , explique Raymond Rivière, secrétaire fédéral de la CFDT et représentant syndical au Crous d’Amiens-Picardie.

L’extension annoncée du repas à un euro pour le mois de mai,  avec les effectifs que nous avons aujourd’hui, c’est impossible , estime-t-il.  On est très inquiets de cette mesure .

Lors de ses vœux mardi, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a reconnu que l’extension du repas à un euro était  un défi , alors que les personnels des Crous  font déjà face à une demande gigantesque  pour servir chaque année plus de 40 millions de repas à prix abordable.

Les syndicats, eux, décrivent des personnels aux  conditions de travail dégradées  déjà. La CGT, la CFDT, l’Unsa et les syndicats étudiants Unef et Fage réclament des  investissements massifs et immédiats de l’État  et une  levée du gel du plafond d’emplois  pour faire face à cette annonce.

Arrêts de travail

Au total, les plus de 12 000 agents publics qui travaillent actuellement dans les Crous sont  déjà hypersollicités , souligne Nathalie Frayon, secrétaire générale adjointe du Snptes-Unsa (personnels techniques).  Si on reste au même niveau d’emplois, ça va être compliqué .

L’inadaptation du bâti inquiète aussi les syndicats.  Avant les années 2000, on avait des grosses structures , explique Khaled Laouar, membre du bureau national de la CGT des Crous. Face à une baisse de la fréquentation,  ces restaurants paquebots ont été réhabilités avec moins de places assises .

 Aujourd’hui, nous ne sommes pas en capacité d’absorber tout ce flux , estime-t-il.  Le risque, c’est que les étudiants réellement précaires ne puissent plus avoir accès aux restaurants .

Des craintes partagées par Stéphane, personnel de restauration au Crous de Poitiers.  On est toujours à fond, avec l’impression de ne pas pouvoir fournir , témoigne-t-il.  On a de plus en plus d’arrêts maladie, des gens avec des troubles musculo-squelettiques… .

 Il y a de la fatigue, de l’absentéisme, des arrêts de travail , abonde Sébastien Barthélémy, agent d’approvisionnement et secrétaire de la CFDT au Crous de Bordeaux-Aquitaine.  Ce qui nous inquiète, c’est que ce soit une mesure contreproductive au final, au détriment des étudiants boursiers .

 
Le Courrier de l’Ouest (avec l’AFP)    Courrier de l'Ouest  

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