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Ils avaient lacéré une publicité géante : du sursis requis contre deux militants écologistes... |
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La décision a été mise en délibéré au 11 mars. Photo d’illustration. © Archives Ouest-France
Deux hommes comparaissaient au tribunal correctionnel pour des dégradations en réunion sur des publicités géantes à Bordeaux, en 2019 et 2020. Jusqu’à huit mois de prison avec sursis ont été requis ce mercredi 28 janvier contre ces militants d’Extinction Rebellion. Les deux militants écologistes, dénonçant « l’urgence climatique », ont pointé l’impact environnemental des annonceurs.
Jusqu’à huit mois de prison avec sursis ont été requis ce mercredi 28 janvier 2026 contre deux militants d’Extinction Rebellion, qui reconnaissent partiellement avoir dégradé d’immenses bâches publicitaires à Bordeaux en 2019 et 2020, dont l’une représentait Brad Pitt, mais dénoncent un procès bâillon
.
Âgés de 49 ans et 33 ans, ils ont comparu en correctionnelle pour dégradations en réunion sur ces publicités couvrant l’emblématique place de la Bourse, sur les quais de Bordeaux, alors en travaux. Un portrait de l’acteur avait été lacéré et son œil peint en rouge, rapporte l’AFP.
« En situation de danger »
Le ministère public a requis six à huit mois de prison avec sursis contre le plus âgé, qui admet être à l’initiative
des six actions menées au moment de manifestations de Gilets jaunes, ainsi qu’un stage de citoyenneté.
Il va entraîner avec lui dans l’escalade de cet échafaudage plusieurs personnes qui se mettent en situation de danger
, a pointé la procureure, citant notamment l’autre prévenu, contre qui elle a requis des travaux d’intérêt général.
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Environ 75 000 € de préjudice réclamés par l’entreprise publicitaire
Quelque 75 000 € de préjudice ont été réclamés par l’entreprise publicitaire qui déployait les bâches, et 70 000 € par la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Bordeaux, propriétaire du palais de la Bourse.
Les deux militants écologistes, dénonçant l’urgence climatique
, ont pointé l’impact environnemental des annonceurs, comme les constructeurs automobiles Renault et Audi, le géant technologique Huawei ou Boursorama Banque, dont Brad Pitt était l’égérie.
Je suis monté sur ces échafaudages comme un poète, comme un clown triste. […] C’était un moment de Grand Guignol
, a expliqué le prévenu quadragénaire, dénonçant une répression très dure
et un procès bâillon
. L’autre prévenu n’a reconnu que deux faits.
Décision le 11 mars
L’entreprise partie civile a défendu la légalité des publicités, censées rapporter à la CCI 40 % des 3 millions d’euros de réfection de la toiture. Ils pensaient attaquer des multinationales, ils ont attaqué une PME
de 30 salariés, a fustigé un dirigeant.
C’est un acte de désobéissance civile chimiquement pur
, a répliqué en défense Me Vincent Brengarth, plaidant la relaxe. La décision a été mise en délibéré au 11 mars.