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Hausse du prix de gazole et des engrais : des mesures de soutien à l’agriculture... |
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Le prix du GNR (gazole non routier), carburant agricole, a flambé de 65 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient. © Archives Thierry CREUX
Face à la montée du prix de gazole et des engrais causée par la guerre au Moyen-Orient, la France s’engage dans des mesures de soutien au secteur agricole. Insuffisant, selon la FNSEA.
Face à la montée du prix de gazole et des engrais causée par la guerre au Moyen-Orient, la France s’engage dans des mesures de soutien au secteur agricole. Dans un communiqué du 23 mars, la ministre de l’Agriculture a listé quatre dispositifs : le report de cotisations sociales avec un délai de paiement accordé « sans frais ni majoration » aux exploitations agricoles qui en feront la demande ; l’étalement d’échéances fiscales ; des « prêts de court terme exceptionnels » accordés par Bpifrance ; enfin, le gouvernement dit chercher « un accord de place avec les banques et les distributeurs » pour les exploitations faisant face à « des difficultés de trésorerie du fait de la crise en cours. »
Ces mesures « ciblées » complètent une « enveloppe de prêts de consolidation garantis par l’État à hauteur de 70 % », pouvant atteindre jusqu’à 500 millions d’encours. « Les mesures annoncées apportent des réponses concrètes et immédiates à leurs difficultés de trésorerie, tout en préparant l’avenir, en renforçant la résilience et la souveraineté de notre agriculture » a déclaré Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, qui a aussi annoncé la mise en place d’une cellule de crise « pour assurer le suivi quotidien de la situation ». La ministre a indiqué qu’elle s’entretiendrait, de nouveau, dans les prochains jours, avec les professionnels (distributeurs d’énergie, producteurs d’engrais, organisations professionnelles agricoles, banques) et a annoncé un grand plan engrais à venir.
« Des mesures de baisse des charges sont urgentes ! »
On est loin des mesures pécuniaires « sonnantes et trébuchantes » du gouvernement espagnol. Madrid a annoncé le 20 mars un paquet de… 877 millions d’euros d’aides pour le gazole agricole (20 centimes par litres), l’achat d’engrais et les navires de pêche. Mais le gouvernement français manque de marge de manœuvre budgétaire et ne s’engage pas sur une baisse directe du prix du GNR, le carburant utilisé par les tracteurs. « Le GNR est un carburant déjà très aidé par la solidarité nationale, il est beaucoup moins taxé […] c’est plus d’un milliard d’euros (d’allégement fiscal) dans le dernier budget », a rappelé Annie Genevard, rappelant que « la France ne souffre pas de problème de disponibilité de GNR. »
Mais la spéculation va bon train. Le prix du litre de GNR est passé « 0,70 centime (au début du conflit) à 1,15 € hors taxe le 20 mars dernier… », rappelle Philippe Largeau, le président de la FNEDT (fédération nationale entrepreneurs des territoires). La filière qui réunit 22 550 entreprises de travaux agricoles et 170 000 actifs, a réclamé, en vain, une baisse de 20 centimes du litre. « Nous consommons 30 % du GNR français. Les prix n’arrêtent pas de fluctuer. Deux fois par jour. L a hausse représente de 7 à 8 000 € de coût supplémentaire pour 100 000 € de chiffre d’affaires. On devra le répercuter sur nos clients… »
À ce niveau de prix en carburant, semences et engrais, des cultivateurs se poseraient la question de ne pas mettre en cultures (maïs, tournesol) ce printemps. « L’heure n’est plus aux mesures de report de charges ! L’heure est à l’appui sonnant et trébuchant de l’État face à des hausses historiques ! a dénoncé la FNSEA. Dans un communiqué du 24 mars, le syndicat agricole « exprime son mécontentement face au décalage manifeste entre les mesures annoncées par le gouvernement et la réalité de terrain vécue par les agriculteurs […] Des mesures immédiates de baisse des charges sont urgentes ! »