|
Guerre en Ukraine. Pourparlers de paix à Genève, crainte d’attaques russes… Le point sur la nuit... |
1
De nouvelles négociations ont commencé à Genève pour tenter de mettre fin à quatre années de guerre en Ukraine. © Emma Farge / REUTERS
Négociateurs russes, ukrainiens et américains entament une nouvelle session de pourparlers à Genève pour trouver une issue aux combats en Ukraine, après deux récentes rencontres infructueuses. Volodymyr Zelensky met en doute la volonté du Kremlin de négocier et redoute une série de bombardements massifs durant les discussions. De son côté, a Russie dit avoir détruit plus de 150 drones ukrainiens dans la nuit… Retour sur les événements qui ont marqué la nuit du lundi 16 au mardi 17 février 2026.
Des délégations ukrainienne ?et russe se réunissent ce mardi 17 février 2026 à Genève pour un nouveau cycle de deux ?jours de négociations chapeautées par les États-Unis en vue d’avancer vers une issue à leur conflit, une réunion qui devrait être centrée sur la question des territoires - le principal point de contentieux.
Mais à Kiev, Volodymyr Zelensky redoute que les forces du Kremlin n’utilisent l’accalmie promise durant cette série de discussions pour intensifier ses attaques et bombardements.
Le président américain Donald Trump a quant à lui estimé que l’Ukraine ne devait pas se montrer trop réticente aux propositions de la Russie et devrait utiliser cette rencontre pour conclure un accord « rapidement ».
Voici ce qu’il faut retenir de la nuit de lundi à mardi.
Nouveaux pourparlers entre Russes, Ukrainiens et Américains
Les concessions territoriales de l’Ukraine vis-à -vis de la Russie, un dossier présenté par Moscou comme le « principal sujet », seront abordées lors des ?pourparlers de paix, sous l’égide des États-Unis, qui doivent se tenir à Genève ces mardi et mercredi, a déclaré lundi 16 février 2026 le Kremlin.
Les positions de Moscou et Kiev restent très éloignées alors que la Russie exige de l’Ukraine qu’elle cède l’intégralité de la région du Donbass.
Le Kremlin a confirmé que la délégation russe serait dirigée par Vladimir Medinsky, un conseiller du président Vladimir Poutine, qui avait supervisé l’équipe russe lors des négociations en Turquie en 2022 et l’année dernière.
« Cette fois-ci, l’idée est de discuter d’un éventail plus large de questions, y compris, en fait, les principales. Les questions principales concernent à la fois les territoires et tout ce qui touche aux exigences que nous avons formulées », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Ce dernier a ajouté que le chef des renseignements militaires, Igor Kostioukov, participerait également aux pourparlers et que l’émissaire spécial de Vladimir Poutine, Kirill Dmitriev, participerait à un groupe de travail distinct sur les questions économiques.
Le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijjia et le rôle des troupes occidentales dans l’Ukraine d’après-guerre sont également des sujets de discorde.
Le chef de la délégation ukrainienne, Roustem Oumerov, a déclaré sur l’application Telegram que son équipe était déjà à Genève et se réjouissait « de travailler de manière constructive et de participer à des réunions substantielles sur les questions sécuritaires et humanitaires ».
Les deux précédentes séries de pourparlers sous l’égide des États-Unis aux Émirats arabes unis ont abouti à un échange de prisonniers, mais sans avancée décisive vers une fin de la guerre.
Zelensky craint de nouvelles frappes
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis en garde contre de nouvelles frappes ?russes ?avant les discussions à Genève.
« Les rapports des services de renseignement montrent que la Russie prépare de nouvelles frappes massives contre les infrastructures énergétiques. Il est donc nécessaire de s’assurer que tous les systèmes de défense aérienne sont correctement configurés », a-t-il déclaré lors de son allocution vidéo nocturne quotidienne sur les réseaux sociaux.
Les attaques de la Russie « évoluent constamment » et reposent sur une combinaison d’armes, notamment des drones et des missiles, nécessitant « une défense spéciale et le soutien de nos partenaires », a ajouté le président ukrainien.
« La Russie ne peut résister à la tentation que sont les derniers jours de froid hivernal et veut frapper durement les Ukrainiens », a encore souligné Volodymyr Zelensky. « Nos partenaires doivent comprendre cela. Cela concerne avant tout les États-Unis. »
Drones ukrainiens abattus
Les forces russes ont détruit plus de 150 drones ukrainiens, visant essentiellement la région de la mer Noire pendant la nuit, a annoncé mardi matin le ministère russe de la Défense. « Pendant la nuit du 17 février, les systèmes de défense aérienne ont détruit et intercepté 151 drones aériens », dont 38 sur la Crimée, 50 au-dessus de la mer Noire et 29 de la mer d’Azov attenante, a indiqué le ministère cité par les agences russes.
« C’était l’une des attaques les plus longues récemment », a indiqué Mikhaïl Razvojaïev, le gouverneur de Sébastopol, important port de Crimée annexée en 2014. « Au total, plus de 24 drones ont été abattus » autour de Sébastopol, a-t-il précisé faisant état de plusieurs blessés, dont un enfant.
Trump dit que Kiev doit négocier « rapidement »
Donald Trump a déclaré que l’Ukraine devait négocier et conclure un accord « rapidement », lors des pourparlers à Genève.
« L’Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement », a déclaré lundi le président américain à des journalistes à bord d’Air Force One, au cours d’un vol vers Washington.
La Russie concentre ses efforts sur Pokrovsk
Les troupes russes ont intensifié leurs offensives depuis leurs bases arrière militaires situées dans les villages au nord de Pokrovsk, redoublant d’efforts pour encercler la ville et la cité voisine de Myrnohrad, a rapporté lundi le 7e corps de réaction rapide. Une annonce relayée par le média Kyiv Independent .
Le rapport intervient alors que l’Ukraine maintient péniblement ses dernières positions dans l’oblast du Donetsk oriental, zone occupée en grande partie par la Russie.
« Les troupes russes tentent de se rapprocher de la poche tenue par les Ukrainiens autour de Pokrovsk et Myrnohrad, le projet de cartographie open-source ukrainien DeepState estimant l’écart à environ cinq kilomètres », explique le journal.
En resserrant son emprise sur les dernières voies logistiques ukrainiennes venant du nord, la Russie tente de forcer un retrait complet des Ukrainiens de Pokrovsk et de Myrnohrad.
Pokrovsk constitue depuis longtemps un important centre logistique pour les forces ukrainiennes, situé au carrefour de grands axes ferroviaires et routiers.