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Gilets jaunes matraqués dans un Burger King en 2018 : le procès de neuf CRS s’ouvre ce lundi... |
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Photo d’illustration. © FREDERIC SCHEIBER/Hans Lucas via AFP
Neuf CRS vont être jugés à partir de ce lundi 9 février à Paris, accusés d’avoir violenté des Gilets jaunes dans un Burger King en 2018. C’est l’une des affaires emblématiques des violences policières commises en France ces dernières années.
Neuf CRS comparaissent à partir de ce lundi 9 février 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir matraqué des manifestants dans un Burger King en décembre 2018, non loin de l’Arc de Triomphe, un épisode érigé en symbole des violences policières pendant le mouvement des Gilets jaunes.
Près de huit ans après les faits, ces neuf hommes, tous membres à l’époque de la CRS 43 basée à Chalon-sur-Saône, vont répondre de violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes, et encourent pour certains jusqu’à sept ans de prison et 100 000 € d’amende, rappelle l’Agence France-Presse (AFP).
Une journée « particulièrement violente »
1er décembre 2018, acte 3 des Gilets jaunes : au terme d’une journée « particulièrement violente » selon l’ordonnance de renvoi de la juge d’instruction, ils avaient matraqué et frappé à coups de pied des manifestants qui avaient forcé l’entrée d’un Burger King à proximité de la place de l’Étoile pour y trouver refuge, sans leur laisser le temps d’évacuer l’endroit.
Selon cette ordonnance, ce 1er décembre « a constitué l’une des journées voire la journée la plus difficile en termes de maintien de l’ordre et de gestion des manifestants ».
Des coups de matraque sur des manifestants au sol
Des images de vidéosurveillance inédites du restaurant parisien publiées par franceinfo et Libération le 6 février dernier permettent d’observer l’ensemble des violences reprochées aux agents. On y voit des manifestants violemment frappés au sol à coups de matraque. Certains sont également victimes de coups de poing et coups de pied.
France Télévisions a eu accès aux images de vidéosurveillance d’un Burger King où des manifestants et un journaliste ont été frappés par des forces de l’ordre lors de l’acte 3 des "gilets jaunes" en 2018 à Paris.#JT20H pic.twitter.com/qERrAyPPP1
— Le20h-France Télévisions (@le20hfrancetele) February 6, 2026
Une intervention reconnue non légitime
Les CRS avaient reçu pour ordre d’entrer dans le fast-food pour faire sortir les occupants « le plus rapidement possible avec au besoin usage de la force pour les extraire en cas d’opposition ». Or, ceux-ci n’ont commis aucune violence ou dégradation dans les locaux, et certains ont même levé immédiatement les mains à l’entrée des forces de l’ordre pour montrer qu’ils n’étaient pas hostiles. Malgré cela, les CRS ont frappé certains des manifestants, sans sommations.
Pendant les investigations, « les autorités hiérarchiques ont reconnu que l’intervention n’était pas légitime », observe la juge d’instruction.
Des violences qui commencent à être jugées
Pour Arié Alimi, avocat de deux victimes, il s’agit d’un « dossier phare du mouvement des Gilets jaunes, qui marque un retournement de la communication sur les violences policières et illustre la brutalisation du maintien de l’ordre ».
Huit ans après le début du mouvement des Gilets jaunes, certaines violences commises par des policiers lors de ces manifestations commencent à être jugées.