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François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, annonce de manière surprise son départ, prévu en juin... |
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François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, à Paris, en janvier 2026. © Stéphane Geufroi / Ouest-France
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, va quitter ses fonctions en juin, a-t-il annoncé ce lundi 9 février. Son mandat devait prendre fin 2027. Il rejoindra bientôt la Fondation Apprentis d’Auteuil.
François Villeroy de Galhau a annoncé ce lundi 9 février 2026 qu’il quitterait ses fonctions de gouverneur de la Banque de France au début du mois de juin. Une décision surprise alors que son mandat devait initialement se terminer fin 2027.
Dans une lettre destinée au personnel de la Banque de France et transmise aux médias, il a précisé qu’il quittait la Banque de France pour prendre bénévolement la tête de la Fondation Apprentis d’Auteuil, qui est spécialisée dans l’aide à l’enfance et dans la formation des jeunes en difficulté. « J’ai été sollicité par la Fondation Apprentis d’Auteuil pour prendre la succession de son président actuel, Jean-Marc Sauvé, dont le mandat se termine fin mai prochain. Après mûre réflexion, j’ai décidé d’accepter cette nouvelle mission », explique François Villeroy de Galhau.
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L’Élysée et le gouvernement prévenus il y a quelques jours
Selon nos confrères des Échos , François Villeroy de Galhau a annoncé sa décision à Emmanuel Macron le 29 janvier puis le lendemain à Roland Lescure, le ministre de l’Économie et des Finances. « Je salue l’engagement et le sens du service de François Villeroy de Galhau, qui a accompagné notre économie dans des années de profondes transformations », a indiqué ce dernier sur son compte Bluesky.
Je salue l’engagement et le sens du service de François Villeroy de Galhau, qui a accompagné notre économie dans des années de profondes transformations.
— Roland Lescure (@rolandlescure.bsky.social) 9 février 2026 à 14:05
Dans sa lettre aux agents de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, européen convaincu, explique par ailleurs avoir prévenu Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, organe dont il était membre du conseil des gouverneurs, instance qui est entre autres chargée de déterminer les taux d’intérêt directeurs en vigueur en zone euro.
Dans ?un communiqué, Christine Lagarde a fait ?part de son « grand respect » pour François ?Villeroy de Galhau et a salué « son réalisme, allié à de fortes convictions et à une vision européenne ».
Une succession à préparer
« Le délai d’ici début juin est suffisant pour organiser paisiblement ma succession », fait valoir François Villeroy de Galhau. L’équipe de direction de la Banque de France « est à l’évidence très solide, avec en premier lieu Denis Beau et Agnès Bénassy-Quéré », poursuit-il.
Ces noms pourraient faire office de candidats potentiels à sa succession. Le nom de Benoît Cœuré, ancien membre du directoire de la Banque centrale européenne et actuel président de l’Autorité française de la Concurrence, est également avancé. Tout comme celui d’Emmanuel Moulin, actuel secrétaire général de l’Élysée et très bon connaisseur du système financier. L’agence Reuters évoque aussi le nom de l’actuel directeur général du Trésor, Bertrand Dumont, et celui de Laurence Boone, ancienne économiste en chef de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et ancienne conseillère de François Hollande. À noter que, pour le moment, aucune femme n’a dirigé la Banque de France, créée en 1806.
C’est Emmanuel Macron qui décidera de l’identité du successeur de François Villeroy de Galhau, la nomination du gouverneur de la Banque de France étant l’apanage du président de la République.
Un mandat de crises
« Mes près de onze années à la tête de la Banque de France et au service de l’euro sont et resteront l’honneur de mon parcours public », a déclaré François Villeroy de Galhau, par ailleurs connu pour avoir réformé l’institution, en supprimant un tiers de ses effectifs mais en féminisant ses fonctions dirigeantes.
Celui qui avait succédé à Christian Noyer en 2015 a notamment été à la manœuvre lors de la fin de la crise de la zone euro, lors de la pandémie de Covid-19 et lors de la crise inflationniste née de la guerre en Ukraine, qui a obligé la Banque centrale européenne à relever ses taux directeurs pour endiguer la hausse des prix. En janvier, lors d’une interview accordée à Ouest-France, l’ancien de BNP Paribas, par ailleurs passé par la direction du Trésor et le cabinet de Pierre Bérégovoy, avait indiqué que la bataille contre l’inflation avait depuis été remportée. En indiquant que d’autres restaient à mener, notamment celle sur la souveraineté économique et la relance de l’industrie européenne.