Accueil Info Info Nouvelle Aquitaine Festival de la BD d’Angoulême : l’ex-salariée qui avait porté plainte pour viol reprend la parole face caméra

Festival de la BD d’Angoulême : l’ex-salariée qui avait porté plainte pour viol reprend la parole face caméra

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photo  dans la tourmente, le festival international d’angoulême, a été officiellement annulé le 1er décembre 2025 la société organisatrice, sous la pression du boycott de nombreux auteurs et autrices. (photo by eric pollet / hans lucas via afp)  ©  eric pollet / hans lucas via afp 1

Dans la tourmente, le festival international d’Angoulême, a été officiellement annulé le 1er décembre 2025 la société organisatrice, sous la pression du boycott de nombreux auteurs et autrices. (Photo by Eric Pollet / Hans Lucas via AFP) © ERIC POLLET / Hans Lucas via AFP

Dans une série de vidéos publiées sur son compte Instagram, Élise Bouché-Tran, l’ex-salariée de la société organisatrice du festival de la BD d’Angoulême, témoigne de nouveau. Quelques jours plus tôt, elle révélait pour la première fois son identité, et racontait, à visage découvert, son histoire.

C’était le 26 janvier 2024. Ce soir-là, Élise Bouché-Tran, alors responsable de communication pour la société 9? Art +, organisatrice du festival de la BD d’Angoulême, aurait été violée par un collègue. Lorsqu’elle se réveille le lendemain, c’est le trou noir. « La personne à côté de moi m’avait dit que l’on avait couché ensemble, alors que je n’ai eu aucun souvenir de la soirée », racontait-elle à France 3 le 21 novembre dernier, à visage découvert pour la première fois.

Quelques mois plus tôt, c’est dans les colonnes de l’Humanité , sous un nom d’emprunt, Chloé, qu’elle racontait son histoire. Dans une série de vidéos publiée le 2 décembre sur le réseau social Instagram, Élise Bouché-Tran s’explique de nouveau face caméra. La sienne, cette fois.

« On m’a dit de prendre la pilule du lendemain »

Devant son propre micro-cravate, la jeune femme « suppose » avoir été droguée le soir de son « agression sexuelle ». Dans ce témoignage en plusieurs parties, l’ancienne responsable de communication explique à l’époque avoir alerté, au lendemain des faits qu’elle relate, la personne en charge des ressources humaines de la société. « On m’a dit de prendre la pilule du lendemain », se souvient-elle. Et d’ajouter : « On m’a dit que c’était le jour le plus important du festival ».

« Traumatisée », elle demande alors à rentrer à Paris, un jour plus tôt. À son retour dans la capitale, Élise Bouché-Tran demande à ne plus travailler avec son collègue. En vain. « Ils ont continué de travailler avec lui post-festival, et ils ont mis une autre femme pour me remplacer », déplore la jeune femme. Face aux accusations, la société, qui la félicite dans un premier temps sur le travail accompli, l’interroge quant au déroulé de ce 26 janvier 2024. « On m’a demandé comment j’étais habillée, si j’avais bu ».

Si elle décide dans un premier temps de ne pas ébruiter l’affaire, c’est une consultation avec la médecine du travail qui l’incite à porter plainte. Mais en mars 2024, c’est le coup de massue. La responsable communication est licenciée pour faute grave : on lui reproche son état d’ébriété, et « des comportements inadmissibles », le soir même des faits qu’elle dénonce.

Une instruction ouverte pour « faits de viol avec soumission chimique »

L’homme accusé de viol conteste, d’après Élise Bouché-Tran, les faits qui lui sont reprochés. Le tribunal judiciaire d’Angoulême a lui ouvert une instruction pour « faits de viol avec soumission chimique ».

Me Muriel Dehiles, l’avocate de 9e Art +, indique de son côté que le licenciement aurait eu lieu avant que la société ait eu la connaissance de cette accusation, indiquent nos confrères de France 3. Dans la tourmente, le festival international d’Angoulême a été officiellement annulé le 1er décembre par la société organisatrice, sous la pression du boycott de nombreux auteurs et autrices. « Moi ça me soulage, j’ai l’impression que c’est l’aboutissement de quelque chose qui a été long pour moi, pour les auteurs, et les autrices également », a-t-elle réagi auprès de nos confrères de France Inter.

 
Ouest-France  

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