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Festival d’Angoulême : une information judiciaire ouverte après le dépôt d’une plainte pour viol... |
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Le cinquante-deuxième festival international de bande dessinée d’Angoulême, en Charente, a rendu hommage aux dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo tués dans les attentats islamistes du 7 janvier 2015. © ERIC POLLET / Hans Lucas via AFP
Le parquet d’Angoulême a ouvert une information judiciaire à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile d’une ex-salariée du festival de la BD d’Angoulême (Charente), qui dénonce un viol subi dans le cadre de l’édition 2024, a annoncé le parquet lundi 21 avril 2025.
Une plainte avec constitution de partie civile d’une ex-salariée du festival de la BD d’Angoulême (Charente) a abouti à l’ouverture d’une information judiciaire « la semaine dernière », a annoncé le parquet lundi 21 avril 2025 à l’AFP. La plaignante dénonce un viol subi dans le cadre de l’édition 2024.
La plainte déposée dans un commissariat a été transmise au parquet un an après
La procédure a été ouverte « la semaine dernière », a précisé la procureure de la République à Angoulême, Stéphanie Aouine, précisant que « la plainte initiale » de la victime a été jointe au dossier. Celle-ci, déposée le 12 février 2024 dans un commissariat parisien, n’avait été transmise au parquet d’Angoulême que le 11 février dernier.
La plaignante, une ex-employée de la société 9eArt + qui organise le festival, y déclarait avoir subi un viol le 26 janvier 2024 lors d’une soirée organisée dans le cadre de l’événement.
« Nous sommes satisfaits que l’instruction pénale ouvre, surtout après les dysfonctionnements » initiaux dans l’enquête, a réagi lundi auprès de l’AFP son avocat, Me Arié Alimi.
Licenciée par 9eArt + le 14 mars 2024, un mois après avoir déposé plainte, sa cliente a également saisi le conseil des prud’hommes de Paris pour contester son licenciement qu’elle juge « consécutif » à cette dénonciation de viol.
Des accusations que réfute l’organisation du festival, en assurant n’avoir jamais « failli » dans ses obligations envers la salariée. Pour justifier sa décision, la direction a notamment invoqué un « comportement incompatible avec l’image de l’entreprise », mettant en cause des états d’ébriété répétés durant le festival, d’après la requête prud’homale de la jeune femme.
« Nous espérons désormais que la société 9eArt + reconnaisse ses torts et en tire les conséquences », a ajouté Me Alimi.
Un appel au boycott pour la prochaine édition 2026
Cette société qui gère le FIBD depuis 2007 est sous pression depuis la dernière édition en janvier et la publication d’une enquête de L’Humanité magazine dénonçant des « dérives » commerciales, un manque de transparence et le traitement de cette salariée.
Un appel au boycott de la prochaine édition 2026 a été signé par quelque 400 auteurs de BD, qui appellent l’association fondatrice du FIBD à rompre son contrat avec 9eArt + et à lancer un appel à projets pour la gestion du Festival.
Face aux critiques, le conseil d’administration de l’association a acté, vendredi 18 avril, la dénonciation du contrat avec 9eArt + mais le flou persiste sur la mise en concurrence de l’organisation du festival.