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Covid-19. Confinement, durée, déplacements… Ce qu’il faut retenir de l’allocution d’Emmanuel Macron1 |
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Le président Emmanuel Macron lors de sa prise de parole le 28 octobre à l’Élysée. © CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS
Le président de la République a annoncé mercredi 28 octobre le reconfinement national pour un peu plus d’un mois, alors que le pays fait face à une recrudescence incontrôlée de l’épidémie ces derniers jours.
« Il faut tout faire pour l’éviter. » C’est ce qu’avait martelé le gouvernement au fil de l’été et depuis la rentrée. Et pourtant, c’est bien le scénario d’un reconfinement national, pour une durée minimum de quatre semaines, qu’a choisi Emmanuel Macron lors d’une allocution depuis le palais de l’Élysée mercredi 28 octobre, face à la recrudescence incontrôlée de l’épidémie de coronavirus dans le pays.
« Il faut retrouver à partir de vendredi le confinement qui a stoppé le virus au printemps, au moins jusqu’au 1er décembre », a déclaré Emmanuel Macron, soulignant que l’Europe entière était frappée par cette deuxième vague.
Exit les reconfinements locaux ou les couvre-feux abaissés à 19 h. « La lucidité commande d’admettre que les mesures prises ne suffisent pas, ne suffisent plus », a reconnu Emmanuel Macron en référence au couvre-feu instauré ces dernières semaines, même s’il a assuré que la stratégie du gouvernement, de tester, tracer, isoler « était la bonne, au regard des informations dont nous disposions ».
Mais aujourd’hui, le virus circule trop vite et surtout sur tout le territoire. « Le virus circule en France à une vitesse que même les prévisions les plus pessimistes n’avaient pas anticipée. À la différence de la première vague, l’ensemble des régions se trouve aujourd’hui en seuil d’alerte, et il n’est pas possible de transférer des patients atteints du Covid-19 vers des régions moins touchées », a regretté le président.
« Quoique nous fassions, plus de 9 000 patients seront en réanimation à la mi-novembre », a soupiré le président, quand la France ne dispose que de 5 800 lits, dont plus de la moitié était occupée mercredi selon les données de Santé Publique France. « Nous allons être débordés par une deuxième vague qui sera sans doute plus dure et plus meurtrière que la première », a confié le président.
Face à ces chiffres alarmants, les Français s’isoleront de nouveau dès vendredi soir, afin de « donner un coup de frein brutal aux contaminations ». Mais ce confinement sera moins strict que celui du printemps, sur le modèle du confinement décrété en Irlande le 21 octobre pour une durée de six semaines. Explications.
Protéger tous les Français
« Dans ce contexte, ma responsabilité est de protéger tous les Français », a déclaré le président, listant les personnes – et choses – à protéger en priorité : les plus âgés, les plus jeunes, les plus modestes, les soignants… Et l’économie. « Rien n’est plus important que la vie humaine pour nous », a assuré Emmanuel Macron.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, le président a longuement balayé certaines hypothèses : l’immunité collective, « jamais la France n’adoptera cette stratégie », confiner les seules personnes à risques, « cette voix n’est pas non plus utilisable, car le virus circule dans toutes les classes d’âge », tout miser sur la stratégie de tester, tracer, isoler, « 40 et 50 000 contaminations par jour, sans doute le double, ce n’est aujourd’hui plus efficace non plus ». Quant à augmenter nos places en réanimation, « nous sommes en train de le faire mais ce n’est pas non plus la bonne réponse ».
« Quelle est donc la bonne stratégie à retenir ? » a demandé le président. « Il faut aller plus loin », a-t-il martelé.
Jusqu’au 1er décembre, au moins
Et c’est donc un reconfinement national qui a été acté. Dès vendredi, le même confinement qu’au printemps sera appliqué sur l’ensemble du territoire, avec des adaptations dans les Dom-Tom. Et jusqu’au 1er décembre, « a minima ». Il entrera en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi.
Mais ce confinement sera différent sur trois points, a détaillé Emmanuel Macron : « les écoles resteront ouvertes, le travail pourra continuer et les Ephad pourront être visités. »
Les écoles, collèges et lycées resteront ouverts
« Nos enfants ne doivent pas être privés d’instruction », a asséné le président. Les écoles, collèges, lycées seront ouverts mais avec un protocole sanitaire renforcé. Par contre, les facultés seront bien fermées et passeront aux cours en ligne.
Le retour de l’attestation
C’est ainsi que l’a nommé Emmanuel Macron. Ce confinement signe le retour de l’attestation dérogatoire de sortie : « sortir de chez vous uniquement pour travailler, faire vos courses, vous rendre à un rendez-vous médical… » sont des cas possibles pour se rendre hors de son domicile. Mais finies les réunions privées. Les mêmes restrictions qu’au printemps s’appliqueront.
Les déplacements entre les régions interdits
Comme au printemps, il ne sera plus possible de se déplacer d’une région à l’autre à partir de la fin de cette semaine, « à l’exception des retours de vacances de la Toussaint », a précisé le président. « Et donc, il y aura une tolérance durant ce week-end de retour pour que chacune et chacun puisse revenir de son lieu de vacances pour que les familles puissent s’organiser ».
De la même façon, les frontières seront de nouveau fermées. Les Français de l’étranger pourront revenir, « mais aucun voyageur ne pourra rentrer sur le territoire sans être sûr qu’il n’est pas porteur du virus », a indiqué Emmanuel Macron, en référence aux tests antigéniques qui seront mis en place dans les aéroports.
Les commerces non essentiels fermés
Comme au printemps, les bars, restaurants et tous les commerces non-essentiels seront fermés. L’activité économique devra continuer « avec plus d’intensité, car l’économie ne doit ni s’arrêter ni s’effondrer », a soutenu le président. Guichets des services publics, usines, exploitations agricoles, bâtiments et travaux publics resteront ouverts. « Nous compléterons par des mesures de trésorerie pour les charges, les loyers des prochaines semaines », a ajouté Emmanuel Macron. Un plan spécial de soutien pour les indépendants, commerces et TPE et PME sera déployé. Le dispositif de fermeture des commerces sera réévalué tous les quinze jours et le télétravail encouragé « partout où c’est possible ».
Toutes ces mesures seront précisées par Jean Castex et ses ministres lors d’une conférence de presse jeudi 29 octobre.
En attendant, le président a demandé aux Français de rester « solidaires », « unis », et d’être patients, jusqu’au vaccin, qui sera là à l’été, « nous disent les scientifiques ». Des nouvelles restrictions de liberté dans « l’espoir de célébrer en famille Noël et les fêtes de fin d’année », a déclaré Emmanuel Macron.
C'est appliqué sans la moindre jugeotte, comment expliquer qu'on va d'un point a chez soi ou on est tout seul vers un autre chez-soi ou on est aussi tout seul, mais aucun problème pour aller au super marché saturé de monde sans éducation, la visite aux 3 èmes âges sans précaution, la salle d'attente du docteur non prévue covid.