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Bertrand Cantat : pourquoi la justice rouvre l’enquête, 15 ans après le suicide de son ex-femme... |
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Cette photo, prise le 22 mars 2004 à Vilnius (Lituanie), montre Krisztina Rady, l’ex-épouse du chanteur de rock Bertrand Cantat. Elle s’est suicidée le 10 janvier 2010, à Bordeaux (Gironde). © ERIC FEFERBERG / AFP
Quinze ans après le suicide de Krisztina Rady, l’ex-femme du chanteur de Noir Désir, la justice a annoncé jeudi 24 juillet rouvrir une enquête sur les circonstances de sa mort. Le 10 janvier 2010, elle avait été retrouvée pendue chez elle à Bordeaux (Gironde), alors que Bertrand Cantat était revenu sous son toit à sa sortie de prison.
Quatre enquêtes classées sans suite, et des questions restées sans réponse. C’est le douloureux constat que laisse derrière elle la mort de Krisztina Rady, ex-femme du chanteur de Noir Désir, retrouvée pendue dans son appartement bordelais, le 10 janvier 2010.
Quinze ans après les faits, ces questions pourraient bien trouver des éléments de réponse. Ce jeudi 24 juillet 2025, la justice a annoncé rouvrir l’enquête sur le suicide de l’ancienne épouse du chanteur de rock, condamné pour le meurtre de la comédienne française Marie Trintignant en 2004.
Un documentaire Netflix au départ de la réouverture
Et, fait rare : c’est une série qui a motivé Renaud Gaudeul, procureur de la République de Bordeaux, à rouvrir ce dossier. « Je pense que toutes personnes qui le regardent se posent naturellement des questions », confie-t-il ce vendredi chez nos confrères de Franceinfo .Â
Pour cause, la série documentaire De rockstar à tueur : le cas Cantat , sortie en mars 2025 sur Netflix, revient sur les nombreuses zones d’ombre autour des morts des deux compagnes du chanteur.
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Des éléments médicaux absents du dossier
« Il y a beaucoup de choses qui sont dites et qui vont dans le sens de l’existence de violences volontaires qui auraient été portées à l’encontre de Krisztina Rady », poursuit le procureur. Derrière elle, l’ancienne directrice culturelle de l’Institut hongrois à Paris a notamment laissé une lettre dans laquelle elle qualifie son ex-époux de « dépositaire exclusif de souffrance ».
Dans le documentaire réalisé par Anne-Sophie Jahn, Nicolas Lartigue, Zoé de Bussierre et Karine Dusfour, les témoignages inédits se succèdent, notamment celui d’un intérimaire, resté anonyme, qui dit avoir travaillé dans un hôpital de la région bordelaise.
L’anonyme affirme lors d’une séquence que Krisztina Rady, qui hébergeait à ce moment son ex-compagnon à sa sortie de prison, était venue aux urgences après avoir subi des violences. Un décollement du cuir chevelu et de nombreux hématomes avaient alors été constatés.
Le procureur bordelais indique ainsi, qu’« au regard de toutes les pièces que je suis parvenu à retrouver, est apparu qu’un certain nombre de choses qui figurait dans le documentaire ne figurent pas dans ces différentes procédures ». En particulier « les éléments médicaux », absents du dossier pénal.
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« Nous ferons tout pour obtenir ces éléments »
Si le procureur de la République de Bordeaux est bien décidé à trouver de nouveaux éléments et témoignages qui permettraient « d’objectiver ces faits de violence ». Il peut également compter sur Anne-Sophie Jahn.
La veille, la réalisatrice a déclaré, toujours chez nos confrères sur Franceinfo, tenir à la disposition de la justice des « documents » supplémentaires qui n’ont pas encore été diffusés, pour des raisons d’anonymat. Pour Renaud Gaudeul, cela ne fait nul doute : « Il me paraît évident que nous ferons tout pour obtenir ces éléments ».
La question majeure de la prescription des faits
« Aujourd’hui, il est extrêmement fréquent que nous ouvrions des enquêtes sur des faits de violences conjugales qui nous sont dénoncés ou qui sont constatés sans qu’il y ait de plainte », ajoute Renaud Gaudeul, précisant qu’il en irait différemment aujourd’hui.
« Il y a une loi qui date de 2020 qui prévoit que le harcèlement sur un conjoint ayant provoqué un suicide ou une tentative de suicide est pénalement est punissable », indique le procureur, tout en précisant que la prescription des faits reste une des questions de ce dossier.