|
Après l’assassinat de Samuel Paty, le gouvernement pointe la responsabilité des réseaux sociaux... |
1
Le gouvernement estime que les réseaux sociaux ont une responsabilité dans l’affaire de l’enseignant décapité à Conflans-Sainte-Honorine. © OUEST-FRANCE
La décapitation du professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine est la conséquence d’une campagne menée sur internet, estiment plusieurs ministres, qui veulent riposter contre les plateformes et ceux qui les utilisent pour propager la haine.
Youtube, Facebook, Twitter… « Les réseaux sociaux ont une responsabilité dans cette affaire. » Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a pointé du doigt les réseaux sociaux, dimanche 18 octobre, sur le plateau de BFMTV, deux jours après la mort du professeur Samuel Paty, retrouvé décapité près de son collège, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).
Gabriel Attal évoque un « lynchage »
« On doit arriver à mieux les encadrer », a dit le porte-parole du gouvernement à propos des plateformes qui ont relayé, non seulement l’image « abjecte » du professeur assassiné – par la suite retirée – mais aussi la vidéo du prédicateur Abdelhakim Sefrioui qualifiant Samuel Paty de « voyou » quelques jours avant sa mort.
« Ceux qui ont participé au lynchage public de cet enseignant – il y a des vidéos qui ont été postées sur les réseaux sociaux – sont d’une certaine manière responsables de ce qui s’est passé », selon Gabriel Attal, qui attend « une réponse exemplaire » de la justice sur le sujet.
"Ceux qui ont participé au lynchage public de cet enseignant sont d'une certaine manière responsables de ce qu'il s'est passé"
— BFM Politique (@BFMPolitique) October 18, 2020
@GabrielAttal réagit après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine pic.twitter.com/qwh1mxfJ3A
Lire aussi : Professeur décapité. Notre direct du dimanche 18 octobre 2020
Gérald Darmanin en guerre contre la propagande terroriste
La loi sur la haine en ligne, en grande partie censurée par le Conseil constitutionnel, aurait-elle permis de retirer la vidéo mettant en cause le professeur ? Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en est persuadé, lui qui veut lutter « contre la propagande sur les réseaux sociaux ».
Après l’assassinat du professeur à Conflans-Sainte-Honorine, consigne a été passée par la place Beauvau de lister les messages postés sur Twitter ou Facebook se réjouissant de l’attaque terroriste, selon Le Parisien .
Marlène Schiappa convoque Facebook et Twitter
« Il est très difficile de lutter contre cette menace endogène de gens qui voient des choses sur les réseaux sociaux ou dans les médias et qui sont perméables à une doctrine de haine fondée sur des rumeurs et de la bêtise », estime Marlène Schiappa, interrogée par FranceInfo .
La ministre déléguée à la Citoyenneté entend recevoir les représentants français de Google, Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat et TikTok en début de semaine.
Réaction de la députée LREM Laetitia Avia, à l’origine de la loi en partie censurée : « Il nous faut en effet redoubler d’efforts et de détermination pour lutter contre les dérives sur les réseaux sociaux et la prolifération de discours de haine qui sont, n’oublions pas, le premier pas dans le continuum de la violence. »