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JO 2026. « Ça nous fera du bien ! » : papas ou mamans, ces sportifs vivront les Jeux avec leurs enfants près d’eux... |
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La capitaine de l’équipe de France de hockey Lore Baudrit, avec son fils Sacha. © Instagram Lore Baudrit
Des sportifs de l’équipe de France sont venus avec leurs enfants en bas âge aux Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026. Ils seront logés tout près des différents villages olympiques, et pourront voir leurs parents fréquemment. Leur logement a été en partie pris en charge par l’État français, et ces athlètes mesurent bien leur chance de pouvoir vivre une aventure pareille non loin de leurs protégés.
Clarisse Agbgénénou avait ouvert une porte, aux JO de Paris 2024. Alors qu’elle allaitait encore Athéna, sa fille de 2 ans, la judokate avait milité pour qu’elle puisse être logée non loin du village olympique, ce qui avait pu être le cas, dans un lieu jouxtant l’endroit officiel où logeaient les sportifs.
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Deux ans plus tard, pour ces Jeux de Milan-Cortina, d’autres athlètes ont souhaité faire de même, leur nombre a même augmenté dans la délégation française (une petite dizaine). Sauf qu’avec des sites éloignés les uns des autres, impossible de dédier un endroit unique à ces moments de partage entre parents et enfants.
Alors il a fallu s’adapter. L’Agence nationale du sport (ANS), qui gère l’accompagnement à la performance des sportifs de haut niveau, a décidé de proposer une aide financière à ces sportifs. Concrètement, les logements des enfants et des accompagnants seront en partie pris en charge par l’instance.
« C’était compliqué d’imaginer notre fils sans ses parents pendant aussi longtemps »
Sont concernées des mamans, comme la snowboardeuse Chloé Trespeuch, la biathlète Justine Braisaz-Bouchet, les hockeyeuses Lore Baudrit et Léa Villiot. Mais des papas, cette fois, font aussi partie de ce dispositif : les hockeyeurs Nicolas Ritz, Pierre Crinon et Sacha Treille, les bobeurs Dorian Hauterville et Romain Heinrich… « Mes parents seront dans un appart’avec ma fille près du village olympique de Cortina, confie ce dernier. Dès qu’on aura du temps libre, on pourra l’accueillir en journée ou aller la voir, passer du temps avec elle, ça nous fera du bien. » Avec sa compagne, Nadja Pasternack, qui participe aussi aux JO avec l’équipe de Suisse de bobsleigh, ils ont l’habitude d’emmener Noélie en compétition. « En bobsleigh, nous avons deux semaines de compétition aux JO, donc l’éloignement aurait été difficile. Là , on va au bout de ce projet ensemble. Ça va nous mettre dans de bonnes dispositions, c’est super que ça puisse se faire… »
« On est en train de bouger les lignes »
Lore Baudrit, capitaine de l’équipe de France de hockey, savoure également. « Ma compagne fait partie du staff des Bleus, alors c’était compliqué d’imaginer notre fils Sacha sans ses parents pendant aussi longtemps. Il est dans un Airbnb à côté du village olympique avec ma belle-famille venue pour l’occasion et qui le gardera dix jours. » Elle le dit : « Ça me fait du bien qu’il soit là . Au TQO au Japon, l’an dernier, on avait perdu un match lourdement et le voir après, ça m’a fait redescendre, penser à autre chose. Pour l’équipe aussi, avoir un bébé avec nous, ça avait donné un peu de joie… »
Encore fallait-il que les staffs de ces équipes de France acceptent. Sur ce point, désormais, la question ne se pose même plus, tous acquiescent naturellement, considérant que la performance des sportifs passe aussi par leur bien-être. Et donc ces moments de déconnexion. « C’est une chance incroyable », admet Lore Baudrit, consciente que peu d’autres pays proposent ce genre d’initiatives. « Ces aides représentent 100 000 € par an, pour 25 sportifs d’été et d’hiver, précise Yann Cucherat, manager de la haute performance à l’ANS. Il y a aussi les périodes de stages, de compétition, ça peut également être des aides pour des modes de garde aussi. » Il conclut : « On s’était rendu compte en 2024 qu’il y avait un vrai sujet autour de la parentalité. Quelque chose devait être créé, qui permettait à la fois à ces parents de rester concentrés sur le sportif sans casser la relation familiale. Depuis peu, on parle beaucoup de santé mentale des sportifs, comme quoi c’est un paramètre important de la performance. C’est vrai, et on est en train de bouger les lignes, c’est plutôt bien… »