|
« Terrorisme d’ultradroite » sur arte.tv : une enquête internationale glaçante en deux épisodes... |
1
"Terrorisme d’ultradroite" de Jean-Pierre Canet et Raphaël Tresanini. © © ROCHE PRODUCTIONS
En France, en Allemagne, en Suède ou aux États-Unis : les actes terroristes commis par des individus ou groupes violents prônant des idéologies racistes ou suprémacistes sont en hausse depuis plusieurs années. Cette enquête visible sur arte.tv démontre la progression et l’internationalisation de ce « terrorisme blanc », devenu la deuxième menace pour les démocraties occidentales après le djihadisme.
Au moins neuf projets d’attentats d’ultradroite ont été déjoués depuis 2017, en France. Selon l’historien Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite, « environ 350 groupes sont actifs en France, avec un nombre d’activistes en progression »
. Certains sont interpellés et jugés avant de passer à l’acte, comme l’AFO (Action des forces opérationnelles), un groupe « d’hommes blancs ordinaires »
, selon un avocat des parties civiles au procès, qui « se sont radicalisés en six mois après les attentats de 2015 »
, retrace Nicolas Lebourg. Une analyse rapportée dans le documentaire Terrorisme d’ultradroite, initialement programmé ce mardi 24 février sur Arte, finalement reporté en dernière minute pour laisser la place à la diffusion d’un portrait de Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien. Il est toutefois disponible sur la plateforme arte.tv.
Plusieurs actes terroristes contre les mosquées, les Arabes, les communautés juives, kurdes qui ont eu lieu dans notre pays sont abordés. En matière de violences racistes et antisémites, la France est un pays qui a un mal considérable à regarder les choses en face
, estime l’historien. Les « ratonnades », ces agressions perpétrées en groupe dans l’espace public contre des Noirs ou des Arabes, relèvent aussi de ce terrorisme de basse intensité
, analyse Nicolas Lebourg.
Angoissant comme un thriller, mais bien réel
L’enquête est minutieuse et se distingue par la qualité des témoignages recueillis, avec une réalisation digne des meilleurs thrillers. Elle nous emmène auprès d’un jeune Français membre de plusieurs groupes violents, dans l’armée allemande infiltrée par des néonazis, ou encore face à un activiste autrichien ambassadeur du concept de « remigration », qui propose des réseaux de camps en Afrique du Nord pour les immigrés ».
Aux États-Unis, l’ultradroite, encouragée par un Donald Trump alors défait, a montré sa forme finale lors de l’assaut du Capitole en 2021 : renverser la démocratie par des insurrections armées, pour la remplacer par un régime suprémaciste. Avec les outils numériques, que ces propagateurs de haine maîtrisent depuis leur origine, ces groupes forment une internationale afin de promouvoir la suprématie blanche à travers le monde
.
Un documentaire nécessaire, sur une menace contemporaine croissante. Le visionnage peut s’avérer éprouvant, du fait de la concentration de propos racistes et d’actes violents, qui sont retracés durant les deux épisodes de 50 minutes.
Disponible sur arte.tv.