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« J’adore me creuser la tête sur des algorithmes » : à 30 ans, il fait parler les données de l’entreprise... |
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Analyste de mégadonnées, François Delaunay s’est formé à l’Université avant de partir en école de management. © Marylène Carre, Ouest-France
Chaque samedi, Ouest-France présente un métier. Ce 28 février 2026, François Delaunay nous explique celui d’analyste de mégadonnées. Cet expert en big data accompagne les entreprises pour collecter les données puis les traiter, pour mieux les valoriser.
François avait déjà la bosse des maths
à l’école. J’ai toujours trouvé ça ludique.
L’enfant qui aimait regarder Des chiffres et des lettres à la télé est devenu data scientist, ou analyste de mégadonnées
. Il collecte, organise, exploite et cherche à faire parler des sommes de données. J’adore me creuser la tête sur des algorithmes
, sourit-il.
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François Delaunay travaille pour ExMachinia, une start-up qui dispose d’un bureau dans un tiers-lieu, à Caen, et sur un campus universitaire de Rouen. Marylène Carre, Ouest-France
À 30 ans, François Delaunay travaille pour ExMachinia, une société qui accompagne les entreprises dans l’appropriation des solutions d’intelligence artificielle. La start-up dispose d’un bureau au Dôme, tiers-lieu dédié à l’innovation et aux sciences à Caen (Calvados), et sur un campus universitaire à Rouen (Seine-Maritime). Lui navigue entre les deux, toujours derrière un écran de lignes de code.
Quand il n’est pas au bureau, le matheux est en visite chez ses clients, où il rencontre tous les collaborateurs de l’entreprise, discute avec la direction, les chargés de clientèle, les assistants juridiques, afin de reconstituer le parcours de la donnée
et d’identifier toutes les opportunités de valorisation.
En alternance aux JO de Paris
Après un bac scientifique à Cherbourg (Manche), François est entré en licence de maths à l’université de Caen. Il a passé sa troisième année en Allemagne et a arrêté ses études en cours de route pour travailler chez McDonald’s.
Il a alors choisi de se réorienter, décroché un bachelor de responsable commercial puis un mastère en management des organisations (bac + 5) à l’E2SE de Caen. L’année suivante, il suit un mastère spécialisé Marketing et data analytics, à la Neoma Business school à Paris, en alternance aux JO de Paris 2024 pour optimiser la consolidation financière de l’évènement.
Il arrive ensuite à ExMachinia. Retour en Normandie, aux maths et aux stats.
Du temps, de la rigueur et un travail laborieux
La première étape de son travail, et sans doute la plus chronophage, est l’ingénierie de données. À savoir comment récupérer la matière première. C’est la partie la plus technique, on est dans le dur, dans le code.
La collecte demande du temps, de la rigueur et un travail laborieux de nettoyage des données. Des documents scannés, des PDF, des flux d’images, dont je vais extraire les données brutes et les convertir en données intelligibles par un agent informatique
.
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Le risque de fuite des données
Viennent ensuite la modélisation et la création d’algorithmes pour croiser et analyser ces données. François utilise des outils d’intelligence artificielle, qu’il configure pour venir piocher automatiquement dans cette immense base de données. On préconise à nos clients de ne pas utiliser les IA des Gafam pour ne pas prendre de risque de fuite des données
, précise l’expert.
La restitution des résultats se fait sous forme de graphiques, de tableaux, de rapports ou d’applications. La donnée devient alors un outil de prédiction ou d’aide à la décision, une information stratégique pour l’entreprise.
Minimum Bac +5
Il faut suivre au moins cinq années d’études pour se former au métier d’analyste de mégadonnées. Deux voies principales d’accès : les écoles d’ingénieurs ou de management et les masters de mathématiques à l’Université.
Plusieurs masters sont possibles, en général accessibles avec une licence de maths, type maths-éco ou Miashs, mais certaines formations sont aussi ouvertes aux filières économiques. Parmi les mentions proposées : Sciences des données, dispensée à Vannes (Morbihan), Mathématiques et informatique appliquées aux sciences humaines et sociales à Angers (Maine-et-Loire) ou encore Mathématiques à Caen (Calvados).
Le master Mathématiques appliquées, statistique est enseigné à Bruz (Ille-et-Vilaine), Vannes, Caen… À Rennes (Ille-et-Vilaine), quatre établissements le proposent : la faculté des sciences économiques de l’Université de Rennes, l’Institut Agro Rennes-Angers, l’UFR de sciences sociales de l’université de Rennes 2 et encore l’École des hautes études en santé publique.
Plus répandu, le master Mathématiques et applications est délivré par 68 établissements en France. Autre option, toujours à l’Université, les instituts d’administration des entreprises qui dispensent un master Management des systèmes d’information (Brest, Nantes) ou Économétrie, statistiques (Nantes).
Certains préféreront passer par un diplôme d’école d’ingénieur ou de management. Plusieurs établissements s’intéressent à l’analyse de données (à Bordeaux, Mulhouse, Clermont-Ferrand, Marseille, Paris…). Il y a aussi les diplômes de niveau bac + 5 des écoles spécialisées dans le numérique comme Ynov campus (Rennes, Nantes…) et sa formation Ingénieur en science des données spécialisé en infrastructure data ou en apprentissage automatique. D’autres enfin dispensent des mastères spécialisés en big data, data science. Il s’agit de cursus d’une année, conférant un niveau bac + 6.
2 250 €
C’est la fourchette basse du salaire net mensuel proposé dans les offres d’emploi de l’Apec. La valeur haute est à 3 850 €. Ces données comprennent la rémunération fixe et variable.
292
C’est le nombre d’offres d’emploi actuellement proposées sur le site de l’Apec, dont plus de 90 % en CDI. France Travail a pour sa part recensé plus de 4 000 annonces sur son site au cours des douze derniers mois.
30 %
C’est le pourcentage de femmes dans les métiers du numérique, selon France Travail. Le secteur voudrait s’orienter vers une plus grande mixité, candidatures féminines bienvenues !