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Testée au Royaume-Uni, la semaine de quatre jours séduit les employeurs... |
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Des salariés autour d’une table. Photo d’illustration. © Syda Productions / FOTOLIA
Depuis le mois de juin 2022, plus de 70 entreprises britanniques testent la semaine de quatre jours. Et les premiers retours, enregistrés en ce mois de septembre, sont plutôt enthousiastes.
Un test à grande échelle de la semaine de quatre jours au Royaume-Uni, lancé en juin pour six mois, donne des résultats pour l’instant largement positifs, selon des données de mi-parcours publiées mardi par les organisateurs.
Plus de 70 entreprises se sont inscrites pour cette expérimentation, qui permet à plus de 3 300 salariés de travailler un jour de moins par semaine tout en conservant le même salaire.
Près de 9 entreprises sur 10 satisfaites
Selon un sondage réalisé auprès des entreprises, auquel un peu plus de la moitié a répondu, 88 % « ont déclaré que la semaine de quatre jours fonctionnait bien pour leur entreprise à ce stade », rapporte dans un communiqué 4 Day Week Global, association qui organise l’expérimentation, avec notamment les universités de Cambridge et d’Oxford.
Et 86 % des entreprises répondantes ont déclaré qu’elles envisageraient « probablement » ou « extrêmement probablement » de conserver la semaine de quatre jours à l’issue de la période d’essai.
Une meilleure productivité
Par ailleurs, près de la moitié a vu sa productivité se maintenir, un tiers des entreprises estiment qu’elle s’est même « légèrement améliorée » et 15 % qu’elle s’est « sensiblement améliorée ».
« Nous voyons que pour beaucoup (d’entreprises), la transition est assez fluide mais que pour certaines, il existe des obstacles », notamment celles affichant des cultures d’entreprises « remontant au siècle dernier », selon Joe O’Connor, directeur général de 4 Day Week Global.
« La semaine de quatre jours est pour l’instant un grand succès chez nous : la productivité est restée élevée, avec une augmentation du bien-être de l’équipe » mais aussi « des performances financières en hausse de 44 % », relate Claire Daniels, dirigeante de Trio Media, une agence de marketing de Leeds (nord de l’Angleterre) participant à l’expérimentation.
« Formidable pour notre bien-être »
« Ça n’a pas été une promenade de santé au début » et « certaines semaines sont plus faciles que d’autres », avec notamment des difficultés au moment des départs en vacances, témoigne pour sa part Nicci Russell, directrice générale de Waterwise, une ONG travaillant sur la réduction de la consommation d’eau au Royaume-Uni.
« Mais nous sommes beaucoup plus à l’aise maintenant qu’au départ », et cela a un effet « formidable pour notre bien-être et nous sommes déjà nettement plus productifs », assure la dirigeante.
Des expérimentations similaires ont eu lieu ou sont en cours en Espagne, Islande, Irlande, aux États-Unis et au Canada ou encore en Australie et en Nouvelle-Zélande.