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Suspect arrêté dans le cold-case du « violeur au tournevis » : l’homme a été mis en examen et écroué... |
Ce jeudi 11 décembre, un homme de 28 ans a été mis en examen et écroué, suspecté d’avoir commis un viol en 2015 à Poitiers. Il a été identifié grâce à la généalogie génétique à travers une collaboration avec le FBI.
Un homme de 28 ans a été mis en examen et écroué pour un viol commis en 2015 à Poitiers, a indiqué ce jeudi 11 décembre à l’Agence France-Presse (AFP) le parquet de Nanterre, dont le pôle « cold cases » est saisi du dossier. « Cet homme, mineur au moment des faits, a reconnu en être l’auteur », a indiqué le parquet dans un communiqué.
L’homme identifié grâce à la généalogie génétique
L’homme, qui était mineur au moment des faits, a été identifié en utilisant la généalogie génétique à travers une collaboration avec le FBI, a précisé auparavant le ministère public. En 2015, la victime, qui courait le long d’une rivière, avait été attaquée au tournevis, étranglée et violée. L’enquête n’avait pas identifié le coupable, et avait fini par être reprise par le pôle des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE), ou pôle « cold cases ». L’avocat de la victime, Me Lee Takhedmit, a salué mercredi une « bonne nouvelle » pour sa cliente, « victime de ce crime ultra-traumatisant ».
« Ça lui fait un choc parce qu’elle pensait qu’on ne le retrouverait jamais », a-t-il réagi auprès d’une correspondante de l’AFP. « C’est une personne à la fois forte et très émotive, mais elle avait vite repris le dessus. Depuis, elle s’est mariée et a fondé une famille. »
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Une prouesse « spectaculaire »
Pour l’avocat poitevin inscrit au barreau de Paris, cette identification génétique est une prouesse « spectaculaire ». « C’est un coup de maître et cela montre que, dans ces dossiers, quand on se donne les moyens, ça paye », a-t-il jugé, saluant le travail du PCSNE.
Pour identifier l’ADN retrouvé sur la scène, les enquêteurs ont fait appel à la généalogie génétique, technique qui consiste à interroger des bases de données constituées notamment des ADN donnés par des particuliers à des sites pour leur révéler leurs origines, sites dont l’usage est interdit en France.
Ces bases étant détenues par des entreprises américaines, les enquêteurs demandent aux autorités outre-Atlantique de faire la recherche, pour identifier de potentiels parents de la personne recherchée. « Il importe de préciser que le recours à la généalogie génétique répond aux règles classiques de la coopération judiciaire et pénale », précise le parquet de Nanterre à l’AFP.
« En toute légalité, un magistrat instructeur du PCSNE a adressé une commission rogatoire internationale (CRI) aux États-Unis d’Amérique aux fins de comparaison de l’extrait ADN masculin inconnu avec les bases de données disponibles dans le pays », ajoute la même source.
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Une future loi annoncée par Gérald Darmanin
L’encadrement de l’utilisation de la généalogie génétique en France reste à préciser : le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé en octobre que son utilisation serait autorisée dans le cadre d’une loi ultérieure.
Fin 2022, Bruno L., surnommé le « prédateur des bois » pour avoir enlevé, emmené dans la forêt et violé cinq adolescentes entre 1998 et 2008, avait été arrêté grâce à cette technique avec l’appui du FBI, une première en France. Mais il s’était suicidé en prison alors qu’il était en détention provisoire après avoir reconnu les faits.