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Pamplie. « Faire corps avec la machine »... |
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Denis Baloge près du tracteur Société française lors de la Fête des battages de l’Egray. © CO
Passionnés de mécanique (4/5). Denis Baloge, retraité, voue une grande passion au machinisme agricole ancien, notamment les batteuses. À 72 ans, il apporte son expérience.
Entrepreneur de travaux agricoles, de mécanique agricole et de scierie à la retraite, Denis Baloge, originaire de Béceleuf et domicilié à Pamplie, est très connu dans le milieu agricole. Passionné de matériels anciens, à 72 ans, il apporte encore son expérience inégalable lors de différentes manifestations, en particulier les fêtes des battages à l’ancienne, pour lesquelles il n’a pas son pareil pour faire fonctionner une batteuse.
Titulaire d’un brevet technique en chaudronnerie obtenu au lycée technique de Niort, premier de sa promotion, en partance vers le Jura pour poursuivre ses études en chaudronnerie plastique, Denis ne se destinait pourtant pas à la mécanique agricole. Les circonstances lui ont tracé un autre destin.
Comment expliquez-vous cette passion pour la mécanique agricole ?
Denis Baloge : « Fils d’artisan maçon, j’ai suivi des études de chaudronnerie au lycée technique de Niort. Mon brevet technique en poche, je devais partir vers le Jura pour poursuivre ma formation en chaudronnerie plastique mais les circonstances de la vie ont fait que j’ai dû entrer dans le monde du travail plus tôt que prévu. J’ai été embauché chez Paul Goulard, à Saint-Maxire, en 1968 et j’ai commencé à conduire ma première moissonneuse-batteuse à 17 ans. Je n’ai pas cessé depuis, j’en suis à ma 55e saison de moissons. J’ai ensuite rejoint l’entreprise Alphonse Arsiquaud à Fenioux en 1969, toujours en travaux agricoles. Je me suis installé à Pamplie en 1978. Mon activité principale était les récoltes et l’atelier. J’ai pris ma retraite à 60 ans. Je me suis toujours passionné pour la mécanique agricole que j’ai apprise sur le tas. Je me passionne surtout pour les moissonneuses à l’ancienne entraînées par système de courroie avec les tracteurs Société française. »
Avez-vous conservé des matériels agricoles anciens ?
« Oui, je possède une dizaine de tracteurs datant de 1913 à 1976 dont les plus anciens appartenaient à mon beau-père Raoul Quinault, installé à l’époque à Pamplie, qui faisait les battages et la scierie. Son frère, Abel Quinault, lui, tenait le garage un peu plus bas et était agent Société française (tracteurs). Je restaure actuellement un tracteur Fendt des années 1970 qui était en état d’épave. Je trouve les pièces chez les concessionnaires en tracteurs. »
Prenez-vous part à des animations ou à des fêtes ?
« Je participe effectivement à des fêtes, comme tout récemment à la Fête des battages de l’Egray le 6 août à Champdeniers, dont je suis le vice-président, et aussi à la Fête du village à Pamplie. »
Avez-vous conscience de participer à un travail de mémoire ?
« Bien sûr, et cela me plaît. C’est un réel plaisir de reproduire cet esprit de fête qui régnait alors dans nos campagnes lors des battages. À propos de la Fête des battages, une réflexion pourrait être menée avec plusieurs bénévoles pour améliorer la démonstration. Il me paraît important de commenter et d’expliquer au public, au moyen d’un micro et en détail, le fonctionnement de cette batteuse. Cela apporterait un aspect plus pédagogique. »
Un évènement marquant dans votre carrière ?
« On pourrait citer l’utilisation de la première ensileuse automotrice du secteur en 1974, à l’entreprise Arsiquaud. »
Votre regard sur le matériel agricole de nos jours ?
« Il faut bien entendu vivre avec son temps et savoir apprécier l’évolution du matériel agricole. Néanmoins, en ce qui me concerne, je suis dépassé par toute cette technologie (ordinateur, écran, GPS, etc.).
« Moi, j’ai besoin de ressentir le maniement du matériel, de toucher les manettes, les leviers, etc. J’ai besoin de faire corps avec la machine ! »