|
Mort d’Inès Mecellem à Poitiers : les proches dénoncent « un féminicide annoncé », après le rapport de l’IGPN... |
1
L’IGPN pointe des dysfonctionnements dans l’affaire Inès Mecellem, tuée par son ex-compagnon en 2025. Photo d’illustration. © FULOPSZOKEMARIANN / PIXABAY
Inès Mecellem, 25 ans, a été tuée le 8 septembre 2025 par son ex-compagnon à Poitiers (Vienne). Alors que l’IGPN reconnaît des dysfonctionnements en série, l’avocate de la famille dénonce un « féminicide annoncé » et réclame une remise en cause des institutions.
À Poitiers (Vienne), la mort d’Inès Mecellem continue de soulever de lourdes questions sur la prise en charge des violences conjugales. La jeune femme a été tuée le 8 septembre 2025 à l’âge de 25 ans par son ex-compagnon, après avoir multiplié les démarches pour alerter les autorités.
Selon Radio France , Inès Mecellem avait déposé cinq plaintes avant d’être assassinée. Deux jours avant sa mort, elle avait déclenché son téléphone grave danger. Le 6 septembre, elle avait été poursuivie par son ex-conjoint dans le centre-ville de Poitiers. Elle avait déclenché l’alerte, appelé le 17, et une patrouille était intervenue. L’homme avait été interpellé, puis relâché quelques minutes plus tard.
Des défaillances reconnues
Un rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), révélé par ICI Poitou  et France Inter, conclut à des dysfonctionnements en série et à un enchaînement de fautes. Mais l’IGPN estime qu’il ne s’agit pas de faits relevant du pénal. Une position contestée par les proches, qui demandent au parquet d’examiner d’éventuelles suites judiciaires.
Cette affaire est devenue un symbole des défaillances qui peuvent mener au féminicide. Inès Mecellem est le 59e nom inscrit sur la liste des femmes tuées par un compagnon ou ex-compagnon en 2025. Sa mère, Angélique Robert, explique avoir accepté une forte médiatisation dans l’espoir d’obtenir une prise de conscience. Mais quatre mois après les faits, elle attend encore des réponses.
Remettre en question le fonctionnement des institutions
Pour son frère, Yacine, l’incompréhension demeure : « Inès a réclamé de l’aide quatre, cinq fois, rien n’a été fait. Elle a utilisé le téléphone grave danger, rien n’a été fait. Le procureur avait mis en place les moyens mais elle n’a pas été défendue. »
L’avocate de la famille, Me Pauline Rongier, appelle sur France 3 Nouvelle Aquitaine , à une « véritable remise en question » et refuse que le manque de moyens serve d’excuse. Pour elle, « c’était un féminicide annoncé », évoquant des menaces explicites et des preuves apportées par la victime. Pendant que les enquêtes administratives se poursuivent, le meurtrier présumé reste, lui, toujours recherché.