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La question du jour. Ils s’installent jusque dans les campagnes : y a-t-il trop de restaurants McDonald’s en France ?... |
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Ils s’installent jusque dans les campagnes : y a-t-il trop de restaurants McDonald’s en France ? © Archives Le Maine LIbre - Yvon LOUE
L’enseigne McDonald’s compte aujourd’hui plus de 1 500 points de vente en France. Le géant américain du fast-food s’installe désormais dans les villages ou le long des routes de campagne. Et son implantation divise souvent la population. Y a-t-il trop de restaurants McDonald’s en France selon vous ?
Pour ou contre l’implantation de McDonald’s dans les villages et bourgs français ? Si de nombreuses mairies s’y opposent, leurs voix ne pèsent pas grand-chose face à l’arrivée du géant américain du fast-food le long des routes de campagne.
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À Saint-Amour, dans le Jura (centre-est), la maire Valérie Vaucher, qui brigue un nouveau mandat en mars lors des élections municipales, est contre la malbouffe
et s’oppose à l’arrivée d’un McDo
dans sa commune de 2 400 habitants.
Ça va complètement à l’encontre de ce qu’on veut ici
, explique à l’AFP l’élue de 57 ans. On est quand même en milieu rural où on plébiscite le commerce de proximité, les circuits courts, nos magasins de producteurs…
L’enseigne américaine de restauration rapide, qui dispose déjà de plus de 1 500 points de vente en France, veut être accessible partout
sur le territoire, y compris dans les petites communes si de grands axes se trouvent à proximité
, selon un de ses porte-paroles.
A Saint-Amour, elle prévoit de s’implanter près d’un supermarché à l’entrée du village, le long d’une route fréquentée qui va de Bourg-en-Bresse à Lons-le-Saunier.
Au printemps, la municipalité a voté contre le projet, au motif qu’elle est très engagée
dans un travail de revitalisation du centre-bourg et au maintien des commerces de proximité.
Mais nous n’avons pas la main sur cette opération qui reste du domaine privé. Le permis de construire a été signé, c’est tout récent
, ajoute l’élue qui mène la seule liste pour ces élections.
Seuls un non-respect des règles d’urbanisme ou une atteinte à la sécurité ou l’environnement peuvent justifier un refus de permis de construire, la loi interdisant aux maires de faire des différences entre les commerces.
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Mortifère pour le commerce local ou « source d’emplois » ?
Faute de campagne électorale, le sujet ne crée pas de remous politiques dans le village jurassien mais divise la population.
Tous les jeunes vont aller manger là-bas. C’est une grosse mauvaise nouvelle pour nous
, confie Gokhan Toprakpinar, 30 ans, qui tient avec son père un restaurant de kebab. Au niveau financier, on a peur
A quelques dizaines de mètres, au Café de la Renaissance, le plus vieux du village, la gérante ne décolère pas. On est déjà très nombreux en tant que bars-restaurants dans une petite commune
, relève Sandrine Pinto, 48 ans, s’interrogeant sur les moyens d’action face à un géant pareil
.
Une pétition en ligne, ouverte en mai, a déjà recueilli plus de 1.000 signatures contre ce projet.
Mais tous les habitants n’y sont pas hostiles. Christelle Lafond, pâtissière de 50 ans, ne voit pas d’incompatibilité avec les autres commerces
et y perçoit même une source d’emplois
pour les jeunes.
- Levée de boucliers -
Le but serait de profiter de cette attractivité que McDo peut apporter pour aussi faire consommer de façon plus générale au sein de la commune
, explique à l’AFP Laura Boccard, 38 ans, présidente de l’Union commerciale, artisanale et industrielle de Saint-Amour.
Ailleurs, des projets d’implantation de McDonald’s près de villages et bourgs ont aussi fait l’objet de pétitions en ligne demandant leur arrêt, comme à Laroque (sud), au Rouret (sud-est) ou à Saint-Jean-de-Bournay (Alpes françaises).
A une quinzaine de kilomètres de Saint-Amour, les communes voisines de Jayat et Montrevel-en-Bresse ont vécu ces débats il y a quatre ans. Un projet d’implantation d’un restaurant McDonald’s entre les deux bourgs avait suscité une levée de boucliers des commerçants et des restaurateurs
, raconte Pierre Ecochard, 70 ans, président de l’Union des commerçants locale.
Une clientèle « plus jeune » que « les restaurants classiques »
Le conseil municipal de Montrevel avait lui aussi voté contre l’arrivée de l’américain en plein pays de la volaille de Bresse. Une délibération symbolique qui, là encore, n’a rien empêché.
Et aujourd’hui, à midi, en semaine
, les restaurants classiques
du secteur font quasiment le plein tous les jours
, assure Pierre Ecochard, estimant que le fast-food capte lui une clientèle plus jeune
.