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La question du jour. Faut-il imposer des contrôles de sécurité sur les locations de courte durée ?... |
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Des réseaux criminels exploitent la « flexibilité » des locations de courte duréee, leur « anonymat relatif » mais aussi la « rotation fréquente », « leur disponibilité immédiate » ou encore les paiements dématérialisés. © Photo d’illustration - Archives AFP
Une note du ministère de l’Intérieur relève que les locations temporaires de courte durée sont devenues un « levier opérationnel majeur » pour divers réseaux criminels, principalement impliqués dans le proxénétisme.
Les locations temporaires de courte durée sont devenues un levier opérationnel majeur
pour divers réseaux criminels en région parisienne, relève une note du ministère de l’Intérieur consultée mardi 3 mars 2026.
Des réseaux criminels exploitent la flexibilité
de ces logements, leur anonymat relatif
mais aussi la rotation fréquente
, leur disponibilité immédiate
ou encore les paiements dématérialisés qui, pour les autorités, compliquent la traçabilité, selon cette note du Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco).
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Le recours à des intermédiaires, fausses identités ou comptes frauduleux facilitent leurs démarches, relève la note.
Ces logements représentent, selon le Sirasco, un vecteur de diffusion
mais aussi de professionnalisation de réseaux impliqués, principalement dans le proxénétisme
.
Des lieux « discrets »
La proche banlieue parisienne attire particulièrement les réseaux criminels, notamment ceux liés au proxénétisme, selon le Sirasco, car ces secteurs sont notamment moins surveillés que Paris intramuros
. Là, des loyers plus abordables, une offre plus large et l’absence de contraintes comme la limitation des nuitées renforcent encore cet attrait
, détaille la note.
En matière de proxénétisme, depuis 2024 les services d’enquête de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris constatent une progression soutenue de la prostitution logée via les locations temporaires de courte durée dans l’ensemble de l’agglomération parisienne
. En 2025, la Brigade de répression du proxénétisme (BRP) a ainsi traité 34 dossiers impliquant l’utilisation de ces logements, contre 20 en 2024.
Pour le banditisme du haut du spectre
, ces locations représentent des outils logistiques et de couverture essentiels
: planques, logement de transit qui ne sont pas à leur nom, ou encore lieu de préparation discret d’opérations d’envergure.
Sur le volet des stupéfiants, ces lieux discrets
peuvent faire office d’appartements nourrice
où la drogue est stockée, transformée, conditionnée ou même cultivée. L’absence de contact régulier avec le propriétaire ou les voisins minimise le risque d’alerte, relève encore le Sirasco.