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L’Iran arrête trois personnalités politiques du camp réformateur... |
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Un bus passe devant un grand panneau anti-États-Unis à Téhéran, le 8 février 2026. © Atta KENARE / AFP
Trois membres du camp réformateur ont été arrêtés dimanche par les autorités iraniennes. L’une de ces personnalités, Azar Mansouri, avait soutenu les protestataires après le début des manifestations début décembre.
Les autorités iraniennes ont arrêté dimanche trois personnalités politiques, dont la cheffe de la principale coalition des réformateurs, a rapporté l’agence de presse Fars, citée par l’Agence France-Presse (AFP).
« Azar Mansouri, Ebrahim Asgharzadeh et Mohsen Aminzadeh ont été arrêtés », a indiqué l’agence, précisant qu’ils étaient notamment accusés d’« atteinte à l’unité nationale », « coordination avec la propagande ennemie » et « création de mécanismes subversifs secrets ».
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Soutien aux protestataires
L’agence de presse Mizan Online, liée au pouvoir judiciaire, a fait état de son côté de plusieurs arrestations dimanche, sans donner de noms.
Elle a dit que ces arrestations étaient intervenues après la fin d’une « enquête sur les […] activités de certains éléments politiques importants soutenant le régime sioniste (Israël) et les États-Unis ».
Azar Mansouri, âgée de 60 ans, est depuis 2023 la cheffe du Front des réformateurs, la principale coalition des réformateurs. Elle a été conseillère de l’ancien président réformateur Mohammad Khatami.
Après le début des manifestations en décembre en Iran, initialement déclenchées par le marasme économique, elle avait soutenu les protestataires.
Déjà arrêtée en 2019
« Lorsque toutes les voies pour se faire entendre sont fermées, la contestation descend dans la rue », « la répression est la pire manière de traiter les manifestants », avait-elle écrit sur son compte Instagram, en référence aux milliers de morts lors des manifestations.
« Nous disons aux familles en deuil : vous n’êtes pas seules », avait-elle ajouté, estimant qu’il n’y avait « aucune justification » à cette « grande catastrophe ».
Azar Mansouri avait déjà été arrêtée après les manifestations ayant suivi l’élection présidentielle de 2009.
Elle avait alors été condamnée à trois ans de prison pour notamment « perturbation de l’ordre public en participant à des rassemblements, propagande contre l’État, diffusion de mensonges, et rassemblement […] dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale ».
Ebrahim Asgharzadeh est un ancien membre du Parlement et Mohsen Aminzadeh est un ancien responsable aux Affaires étrangères.