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Don d'organes. Le nombre de patients en attente ne cesse de croître... |
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L'Agence de la Biomédecine organise la campagne « Don d'organes?: nous sommes tous concernés » à l'occasion de la Journée nationale de mercredi consacrée à ces dons. © Agence de la biomédecine
A l'occasion de la journée nationale du don d'organes mercredi, l'agence de la Biomédecine lance une nouvelle campagne de sensibilisation et d'informations, sous le slogan « tous concernés ».
Plus de 57 000 personnes vivent grâce à une greffe, mais les Français connaissent mal la loi régissant ce geste de solidarité : c'est pourquoi l'Agence de la Biomédecine organise la campagne « Don d'organes : nous sommes tous concernés » à l'occasion de la Journée nationale de mercredi consacrée à ces dons.
« Dans leur majorité les Français pensent connaître la loi, alors que seulement 7 % d'entre eux la connaissent vraiment », relève Anne Courrèges, directrice générale de l'agence sanitaire ABM.
En France, le principe de consentement présumé au don d'organe et de tissus prévaut, sauf si l'on a exprimé son opposition de son vivant, en s'inscrivant sur le registre des refus ou en informant ses proches.
« Réparer les vivants », le bouleversant roman de Maylis de Kerangal, qui raconte la transplantation des organes d'un jeune homme mort accidentellement, évoque toute la beauté et la complexité de la démarche du don d'organes. Elu meilleur roman français 2014 par la revue Lire, l'ouvrage va être porté sur grand écran, après son adaptation au théâtre.
« Tous concernés »
La campagne pour la 16e Journée nationale consacrée aux dons d'organes et de tissus (os, cornée…) du 22 juin se décline sur ce thème de « tous concernés » via un site interactif sur le Net (avec questions/réponses), les réseaux sociaux (Twitter, Facebook) et la télévision avec la diffusion d'un « spot TV » sur les principales chaînes de télévision nationale.
Des affiches, illustrées par Eiko Ojala et la distribution d'un guide complètent cette opération d'information. Un clic sur le site permet de trouver les réponses à des interrogations comme « existe-t-il un registre des donneurs ? », « Puis-je choisir quels organes je veux donner ? » ou sur la carte de donneur.
La carte de donneur, n'a pas de valeur légale, même si elle témoigne d'une volonté de solidarité, mais elle est très rarement retrouvée en cas de décès.

De plus en plus de patients en attente
La greffe progresse, mais en raison de son succès et du vieillissement de la population, la liste nationale des personnes en attente de greffe - une bonne moitié concernant le rein -, ne cesse de croître. « Elles sont aujourd'hui 21 378 », plus du double d'il y a environ vingt ans. Fin 2015, plus de 54 600 personnes vivaient avec une greffe d'organes. Elles sont à présent plus de 57 000.
En 2015, les greffes de rein (3 486 au total) ont progressé de près de 8 % par rapport à 2014, et les greffes de foie (1 355 dont 24 partielles grâce à des donneurs vivants) de près de 6 %.
La greffe de rein grâce à des donneurs vivants (famille ou proches) progresse - elle représente près de 16 % de l'ensemble des greffes rénales - mais reste encore loin du score des Pays-Bas qui réalise la moitié de ses greffes de rein grâce à des donneurs vivants.
Plus de 38 000 dons en 2015
Par ailleurs, 96 % des dons de tissus post-mortem sont des cornées (surface transparente à l'avant de l'œil). En 2015, un peu plus de 4 000 personnes ont bénéficié de cette greffe qui a permis de restaurer leur vue. L'an dernier, on a également dénombré 1 453 receveurs de greffe de vaisseaux (artères ou veines), 164 de valves cardiaques et 130 de peau.
Au total, 32 254 personnes ont donné des tissus de leur vivant (résidus opératoires, placentas…) et 5 945 après leurs décès.