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Deux-Sèvres. Jouer au bridge pour faire aimer les maths aux collégiens... |
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Deux-Sèvres. Jouer au bridge pour faire aimer les maths aux collégiens
Jeudi 7 novembre, des professeurs de mathématiques ont appris à jouer aux cartes en vue de créer des clubs de bridge scolaires. Un moyen ludique de faire du calcul mental.
Jeudi 7 novembre, le Bridge club niortais a accueilli une quinzaine de professeurs de mathématiques, venant de toute l’académie de Poitiers. Le but ? Pour certains, apprendre les règles du jeu de cartes, pour d’autres, se perfectionner.
« Rassemblement ! »
, scande gaiement Géraldine Gadé, l’une des formatrices du jour. Les onze enseignants quittent leur table pour se regrouper autour d’elle. « On joue trois sans atout. On doit faire neuf levées, sans redonner la main à l’adversaire. En général, les élèves mettent toujours l’as en premier. »
« C’est une gymnastique de l’esprit géniale ! »
Professeur au collège Pierre-Mendès-France, à Parthenay, elle compte vingt ans de pratique, dont autant avec ses élèves. « J’adore jouer aux cartes. Je me suis inscrite dans un club, et dans la foulée j’ai lancé le bridge scolaire. C’est une gymnastique de l’esprit géniale ! »
Jeudi 7 novembre, Géraldine Gadé montre et explique, grâce à une méthode où « on peut tout de suite commencer à jouer »
, apprécie Nathalie Castagné, du collège Émile-Zola à Prahecq.
Calculer, élaborer des stratégies…
Mais quel rapport entre le bridge et les mathématiques ? « La réflexion, le calcul mental, la stratégie »
, énumère Rhanem Habiballah, du collège Roger-Thabault à Mazières-en-Gâtine. « De la mémorisation, il faut penser à beaucoup de choses en même temps »
, complète Nathalie Castagné.
« Ça développe la communication aussi, car il y a pas mal de choses implicites à décoder en observant le jeu de son partenaire »
, renchérit Rhanem Habiballah. « C’est vrai, c’est le seul jeu d’esprit où on joue à deux »
, affirme Géraldine Gadé.
Quelques heures auront suffi à convaincre ces novices. Car le but, c’est de mettre en place le bridge dans leur établissement.
Transmettre aux jeunes
Dans la salle d’à côté, on se perfectionne avec les conseils de Florence Dubois. Professeur de maths au lycée de la Venise-Verte, à Niort, elle donne des cours de bridge, sur le temps périscolaire, au collège Philippe-de-Commynes.
Tout a commencé en 2007 dans cet établissement où elle enseignait précédemment. « Les élèves et le principal de l’époque étaient demandeurs. Depuis, on le fait tous les ans. »
Celle qui ne jouait pas et est venue au bridge scolaire « par hasard »
, s’y est mise sérieusement « pour que mes élèves ne deviennent pas meilleurs que moi »
, lance-t-elle dans un grand sourire. Aujourd’hui « je suis accro ! »
.
Annabelle Noirault, Vanessa Chataignier et Aurélie Harlow n’en sont pas encore là… Mais ces trois professeurs du collège Georges-Clemenceau, à Niort, sont soudés autour d’un même projet. « L’an dernier, avec les trois séances d’initiation qu’on avait organisées, certains élèves ont accroché tout de suite »
, se rappelle Annabelle Noirault. Cette année, elles ont ouvert un club. « On a quatorze volontaires ! »
, se félicitent-elles.
« Ça permet de travailler tout en jouant »
, estime Aurélie Harlow. « En maths, on n’a pas beaucoup l’occasion de faire des ateliers. C’est différent, même pour nous. Ça met un peu de ludique dans la matière »
, sourit Annabelle Noirault.
Bridge scolaire 79, une toute nouvelle association
De son côté, le président du Bridge club niortais, François Texeraud, se réjouit de toute cette émulation. « Notre moyenne d’âge est relativement élevée… donc quand on a la chance d’avoir des professeurs intéressés pour enseigner à des jeunes, ça marche. »
Il préside également la toute jeune association Bridge scolaire 79, créée il y a un mois avec Florence Dubois et Géraldine Gadé. Elle regroupe les cinq clubs affiliés à la Fédération française de bridge des Deux-Sèvres et entend développer l’apprentissage de ce jeu dans les collèges.
En chiffres
150 élèves jouent au bridge dans les Deux-Sèvres. Ils sont 250 dans la Région. Et 7000 en France.