|
Banderoles, têtes de sangliers… Des agriculteurs visent des écologistes en Charente-Maritime... |
1
Cette photographie montre le blason de l’Office français de la biodiversité (OFB) au Parc national de l’île de Port Cros à Hyères, dans le sud-est de la France, le 8 mai 2025. © MIGUEL MEDINA / Archives AFP
La Coordination rurale a ciblé les locaux de l’Office français de la biodiversité (OFB), d’un député écologiste et de deux associations de défense de la nature en Charente-Maritime dans la nuit de mercredi à jeudi 11 décembre.
« Politiques/Écolos, attaquez-vous aux vrais problèmes », est-il écrit sur une bâche tendue à l’entrée des bureaux de l’OFB, dont la Coordination rurale demande la disparition, selon une photo du journal Sud Ouest. Le syndicat agricole de la Coordination rurale (CR) assume avoir ciblé les locaux de l’Office français de la biodiversité (OFB), d’un député écologiste et de deux associations de défense de la nature en Charente-Maritime, dans la nuit de mercredi à jeudi 11 décembre 2025.
« Nous sommes tous B. Venteau », était-il inscrit sur une autre banderole déployée devant le siège de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) à Rochefort. Bertrand Venteau, élu le mois dernier à la tête du deuxième syndicat agricole, fait l’objet d’une enquête pour « provocation publique non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit » après avoir déclaré vouloir « faire la peau aux écolos » lors du congrès de l’organisation.
Lire aussi : Environnement. Les agences sous le feu des critiques, répondent aux attaques
Tags injurieux, pneus, têtes de sanglier
Des tags injurieux ont été inscrits sur les locaux de l’OFB, tandis que des pneus, des ballots de paille et des têtes de sanglier ont été déposés dans ce que la Ligue de protection des oiseaux (LPO) qualifie de « pratiques d’intimidation inacceptables et indignes », dans un communiqué.
La permanence du député écologiste Benoît Biteau a aussi été ciblée, selon le préfet de Charente-Maritime Brice Blondel qui appelle, dans un communiqué, « à la mesure » et « au respect » des agents de l’État, des élus et des associations de protection de l’environnement.
Lire aussi : Le siège de l’Office français de la biodiversité dans l’Aude tagué et incendié
France Nature environnement (FNE), dont la locale a été visée, estime avoir été prise pour cible à cause de « l’efficacité de leurs actions pour le respect du droit », notamment concernant l’irrigation ou les pesticides. Nature Environnement 17 et la LPO étaient à l’origine du recours administratif qui a entraîné, fin 2024, la suspension de quatre réserves d’irrigation pour l’agriculture, dont celle emblématique de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres voisines de la Charente-Maritime, car elles menacent la survie d’une espèce d’oiseau protégée.
Des actes « inacceptables », selon le ministre de la Transition écologique
« Ces actes de vandalisme et d’intimidation sont inacceptables. La LPO est un acteur majeur de la protection de la biodiversité : aucune colère ne justifiera jamais la violence. La responsabilité, c’est le dialogue, jamais les menaces », a réagi Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, sur le réseau social X.
France Nature Environnement estime que « cette attaque est la première application concrète de l’appel à la violence et à faire la peau aux écolos proféré par le président de Coordination Rurale » et déplore « l’impunité accordée par le gouvernement à ces enragés », rapporte l’Agence France-Presse (AFP).