Accueil Info Info en continu Régionales et départementales. Comment expliquer l’abstention record lors du premier tour ?

Régionales et départementales. Comment expliquer l’abstention record lors du premier tour ?

...
photo  lors du premier tour des élections départementales et régionales, dimanche, dans un bureau de vote à douarnenez (finistère).  ©  yves-marie quemener, ouest-france 1

Lors du premier tour des élections départementales et régionales, dimanche, dans un bureau de vote à Douarnenez (Finistère). © YVES-MARIE QUEMENER, Ouest-France

Le premier tour des élections régionales et départementales, dimanche 20 juin, a été marqué par une abstention record. Selon des politologues, il y a, en toile de fond, un fossé entre citoyens et élus. Et un « désengagement » inquiétant à l’égard de la vie politique.

Un record tristement spectaculaire. Selon les estimations, entre 66,1 % et 68,6 % des électeurs ne sont pas allés voter lors du premier tour des élections régionales et départementales, dimanche 20 juin, plus encore que les 60 % anticipés par les sondeurs. Comment expliquer cette abstention record, qui touche particulièrement les jeunes (87 % des 18-24 ans) (sondage Ipsos auprès de 3 000 personnes, interrogées entre le 16 et le 19 juin), les ouvriers et employés (75 %), mais les cadres ne sont pas en reste (69 %), et particulièrement les électeurs du Rassemblement national (69 %) ?

Il y a des éléments conjoncturels. Les domaines de compétences de ces scrutins départementaux et régionaux touchent peu aux préoccupations des Français : « Chômage, immigration, délinquance », dit Brice Teinturier, directeur général délégué l’institut de sondage Ipsos. La campagne électorale a été contrariée par les mesures sanitaires et les couacs techniques. « Il y a eu aussi une méconnaissance totale des candidats, en dehors des sortants », dit aussi l’analyste. La sortie timide de la crise du Covid place aussi l’attention des citoyens ailleurs. Mais tout cela ne suffit pas à éclairer ce niveau d’abstention, qui s’installe dans le temps.

« Plus rien à faire »

Est-ce l’expression d’une colère ? « Il y a une toile de fond, dans l’opinion, d’inquiétude, de peur, de colère qui se retrouve en partie dans cette abstention, répond le chercheur au Centre d’études de la vie politique (Cevipof) Bruno Cautrès. Le sentiment d’une crise sans fin depuis trois ans marquée par le mouvement des Gilets jaunes, la réforme des retraites, puis la crise sanitaire. »

De la colère ? « Plutôt de l’indifférence, estime Brice Teinturier. Du désengagement. Et c’est très grave aussi. Quand on est en colère, on vote, ou on descend dans la rue ! C’est comme dans les couples : tant qu’on s’envoie encore de la vaisselle à la figure, il se passe quelque chose. Quand on ne se parle plus, quand on ne vote plus, c’est que quelque chose est mort. »

« Il y a une crise de la démocratie », qu’on peine à regarder en face, regrette le sondeur, qui l’écrivait déjà dans un livre publié en 2017 : « Plus rien à faire, plus rien à foutre. »

Faut-il en déduire que les Français manquent de civisme ? Qu’ils sont peu attachés à la démocratie ? « Non, ils sont attachés aux principes de la démocratie représentative, éclaire Bruno Cautrès. Mais ils ont le sentiment qu’elle fonctionne mal. Le niveau de confiance dans les élus, dans les partis politiques, les syndicats, est très faible en France. »

Que font-ils mal ? « Le principal reproche formulé aux élus, c’est qu’ils vivent en vase clos, sont repliés sur leurs propres intérêts et peinent à comprendre les Français qui galèrent à payer leurs factures en fin de mois. » Et l’arrivée massive de jeunes élus et de femmes à l’Assemblée nationale en 2017 n’a pas suffi à renouveler le personnel politique. Il manque toujours « des représentants issus des classes populaires ou moyennes », déplore Bruno Cautrès.

« Exigence morale »

Il y a une « déception à l’égard de l’action politique », abonde Brice Teinturier, même si les indicateurs de confiance sont à la hausse depuis quatorze mois. Et « une crise de l’exemplarité, qui ne touche pas que les politiques. Les salaires des footballeurs, le comportement de certains chefs d’entreprise qui s’implantent à l’étranger pour échapper à l’impôt… Tout cela est jugé indécent et génère un retrait des Français, qui ont une exigence morale à l’égard de ceux qui devraient normalement montrer le chemin. » En cause aussi : « La crise de l’information, les petites phrases, les chaînes d’info en continu, les réseaux sociaux désengagent aussi des pans entiers de la société. Les Français se disent : « C’est sans moi ». Et ces élections, en effet, se sont faites sans eux. »

 
Carine JANIN.    Ouest-France  

  • merci d'indiquer un nom de film
    merci d'indiquer un titre'
    • Choisir un resto :
    merci d'indiquer un nom de restaurant

    merci de saisir l'adresse du restaurant
    merci de saisir la ville du restaurant

    • Choisir un bar :
    merci d'indiquer un nom de bar

    merci de saisir l'adresse du bar
    merci de saisir la ville du bar

    merci d'indiquer un titre à votre avis
  •  
  • merci d'indiquer un contenu à votre avis
    merci de saisir une note
    L'accueil / la qualité du service
    merci d'indiquer une note pour l'accueil

    L'ambiance / le décor

    merci d'indiquer une note pour l'ambiance

    Le rapport qualité / prix

    merci d'indiquer une note pour le prix
  • Vos données personnelles font l’objet d’un traitement informatique par la société Additi Multimedia, sur le fondement de l'exécution d'un contrat et sont utilisées notamment pour prendre en compte, modérer et répondre à vos commentaires sur les contenus mis en ligne sur le site. Elles seront conservées conformément à notre politique de données personnelles, sauf dispositions légales particulières. Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’opposition, de limitation et de portabilité, en vous adressant directement à pdp@sipa.ouest-france.fr ou par courrier à "Délégué à la Protection des Données Personnelles SIPA Additi Multimedia - ZI Rennes Sud-Est,– 10 rue du Breil – 35051 Rennes cedex 9". Vous avez également le droit d’introduire une réclamation auprès de la CNIL. En savoir plus
Newsletter maville

Abonnez-vous à la newsletter - Niort

Votre e-mail, avec votre consentement, est utilisé par la société Additi Com pour recevoir les newsletters sélectionnées. En savoir plus

Exprimez-vous !

Interdire les enfants dans certains lieux : pour ou contre ? 28
Réagir

L'info en continu

Quiz et jeux

Retour en haut