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Près de Niort. Une étude démontre la présence d’arsenic, plomb et manganèse en quantité dans le sol... |
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La présence de métaux comme le plomb, le zinc et l’arsenic serait liée aux anciennes Mines d’argent et à leur exploitation. © Archives CO – Marie DELAGE
Cette étude, dont les résultats mettent en avant dans le secteur des anciennes Mines d’argent de Melle « la présence de sols fortement impactés en métaux », préconise la réalisation d’une étude sanitaire et environnementale.
Une étude dite d’orientation classée C + sur le secteur minier de Melle
élaborée par Géoderis (1) et dont Le Courrier de L’Ouest a pu se procurer de nombreux extraits, fait état de la présence élevée de plomb, zinc, arsenic, manganèse et argent dans ce secteur.
Ces minéraux ont été retrouvés dans la terre et l’eau, plus particulièrement dans le périmètre des anciennes Mines d’argent de l’ancienne sous-préfecture des Deux-Sèvres.

L’étude date de 2018 et a été communiquée aux autorités à la fin de l’été 2019. Document CO
Selon nos informations, cette étude a été réalisée au cours de l’année 2018 dans le cadre d’une directive européenne de 2006.
Elle concerne la gestion des déchets de l’industrie extractive (dite DDIE) qui encadre les conditions d’autorisation, de stockage, de surveillance et de contrôle de ces déchets afin de garantir la protection de la santé humaine et de l’environnement.
Des dépassements dans la Béronne et la Légère

Le cours d’eau le Pinier, sur le site des Mines d’argent. Marie DELAGE / CO
Selon cette étude, des teneurs en plomb et en manganèse
dépasseraient les limites et références de qualité pour les substances chimiques dans les eaux destinées à la consommation humaine. En revanche
, dit l’étude, la teneur en plomb est inférieure à la limite de qualité des eaux brutes utilisées pour la production d’eaux destinées à la consommation humaine […].
Pour les eaux de surface
, poursuit le document, parmi les principaux dépassements des limites et références de qualité pour les substances chimiques dans les eaux destinées à la consommation humaine
, il est noté ceci :
Pour la rivière Béronne (qui n’est pas utilisée pour l’alimentation en eau potable) : apparaît un dépassement pour le manganèse.
Il est aussi observé au moment de l’étude une forte augmentation amont/aval des sulfates et des chlorures.
Dans le ruisseau de la Légère (proche des Mines d’argent et qui n’est pas non plus utilisée pour l’alimentation en eau potable), un dépassement pour le plomb et le manganèse en amont de la Légère.
Une information aux élus

Les Mines d’argent de Melle. Marie DELAGE / CO
Cette étude qui n’a pas été officiellement divulguée au grand public a toutefois été communiquée au maire de Melle de l’époque, à l’automne 2019. Yves Debien, l’ancien maire, a quelques mois plus tard informé son conseil municipal et précisé la définition du classement C + : Classe intermédiaire dont les dépôts pourraient être susceptibles de présenter des risques. Le secteur de Melle a été classé en classe C +
Le classement va de A Ã E.
Le périmètre de l’étude est défini ainsi : Au centre et à l’ouest, se trouvent la Béronne et ses affluents dont l’Argentière ; à l’est, la Légère et ses affluents. Dans ce périmètre ont été déterminées les sources de pollution potentielle : les ouvrages débouchant au jour (les puits de mine). Les anciens ateliers de traitement et de transformation du minerai. Les matériaux de creusement et d’extraction et de résidus de traitement et de transformation.
« Des dépassements significatifs ont été observés »
Deux cent six mesures par fluorescence ont permis de délimiter plus finement les zones plus ou moins impactées. Vingt-trois échantillons de sol ont été réalisés en complément, ainsi que dix prélèvements d’eau et trois prélèvements de sédiments dans la rivière l’Argentière
, rapporte le procès-verbal du conseil municipal de février 2020.
Les résultats révèlent que dans l’eau, les concentrations en plomb et manganèse dépassent faiblement la valeur de référence. Après filtration, elles diminuent très fortement, indiquant la présence d’éléments essentiellement sous forme particulaire. L’observation est identique sur les sédiments analysés. Plus de 70 % des analyses de sol réalisées ont une valeur supérieure au maximum attendu dans le Poitou. Des dépassements significatifs ont été observés, y compris pour l’arsenic. Les niveaux les plus élevés ont été relevés à proximité des anciens sites d’exploitation.
Ces résultats conduisent Geoderis à préconiser la réalisation d’une étude sanitaire et environnementale.
(1) Groupement d’intérêt public (GIP) constitué par le ministère de la Transition écologique et solidaire, le BRGM et l’Ineris. Il apporte à l’état (administrations centrales et services déconcentrés) une assistance et une expertise en matière d’après-mine.