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« Déplacer le regard sur l’immigration » : Thomas Ellis, réalisateur de « Tout va bien », sera à Vannes le 19 février... |
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Thomas Ellis, réalisateur de « Tout va bien », sera à Vannes (Morbihan), jeudi 19 février 2026. © Baptiste de Ville d'Avray
À l’occasion de la tournée pour son film-documentaire « Tout va bien », Thomas Ellis se rend à Vannes (Morbihan) jeudi 19 février 2026, pour une projection, suivie d’un débat, au Cinéville La Garenne. L’œuvre, qui suit cinq adolescents immigrés à Marseille, a été soutenue par plusieurs structures dont Amnesty international, la Cimade et SOS Méditerranée, toutes partenaires de la séance.
Trois questions à Thomas Ellis, réalisateur du film-documentaire « Tout va bien », projeté en sa présence à Vannes (Morbihan), jeudi 19 février 2026.
De quoi parle « Tout va bien » ?
C’est un film sur l’adolescence, vécue par cinq jeunes âgés de 14 à 19 ans qui, après avoir quitté leurs pays d’origine, en Afrique, se retrouvent seuls à Marseille. L’immigration en est une métaphore : ce mouvement est comme les mutations dans leurs corps, correspondant à une nouvelle phase de la vie. Leurs rêves et cauchemars y sont dépeints via un cadrage très proche du sujet et une musique orchestrale qui traduisent leurs remous intérieurs. Cette œuvre vise à déplacer le regard sur la problématique de l’immigration, en montrant que beaucoup se donnent du mal pour apprendre une langue ou un métier.
Pourquoi et comment avez-vous rencontré ces jeunes ?
Je trouvais que trop peu de films traitaient des mineurs non accompagnés, notamment car les juges de l’Aide sociale à l’enfance refusent qu’on les filme. J’ai effectué un gros travail d’immersion avec les associations pendant deux ans, au cours desquels j’ai mûri ce projet, jusqu’à ce qu’on me donne les autorisations. Il a fallu du temps pour établir une confiance avec eux, face à la caméra. Ce suivi au long cours dans leur foyer, hôtel, et collège, permet d’envisager le film comme une fiction avec des comédiens.
Quel est l’accueil réservé à ce film ?
Déjà 28 000 personnes l’ont vu, bien au-dessus des chiffres moyens pour le style documentaire. Comme c’est le cas jeudi matin, nous organisons des séances avec des scolaires, dont des dizaines m’ont déjà dit que ces histoires leur avaient ouvert les yeux. Elles allaient, selon eux, à contresens de certains propos de leurs parents ou à la télé, associant immigrés à assistés. C’est la méconnaissance de l’autre, de sa réalité, qui nourrit ce repli sur soi. Mais comme Marseille, Vannes est une terre ouverte sur la mer et sera un endroit favorable pour réfléchir à l’altérité.
Jeudi 19 février 2026, 18 h, Cinéville La Garenne, « Tout va bien ». Tarif réduit : 6,90 €, -14 ans : 5,90 €, plein : 9,80 €.