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RÉCIT. « Et il continue de pleuvoir » : comment le Maine-et-Loire a-t-il basculé dans une crue qui devient historique ?... |
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Des inondations touchent le Maine-et-Loire, qui se trouve en vigilance rouge pour les crues. Ici, un habitant près d'Angers, à Denée, le 15 février 2026. © Vincent Michel / Ouest-France
Le Maine-et-Loire est placé en vigilance rouge pour les crues et des débordements sont à craindre ce mardi 17 février, notamment sur les bords de la Maine, à Angers, et de la Loire, aux Ponts-de-Cé ou à Saumur. Le résultat d’un mois et demi de précipitations. Depuis le 1er janvier, il est tombé plus de 170 litres d’eau par mètre carré.
Dans l’agglomération d’Angers (Maine-et-Loire), c’est monsieur « eau ». Maire des Ponts-de-Cé, la commune qu’on appelle aussi la fille de la Loire, Jean-Paul Pavillon est un spécialiste reconnu des crues, notamment. Selon lui, et alors que le Maine-et-Loire est placé en vigilance rouge, la Loire a atteint « des niveaux que nous n’avons pas connus depuis plus de 30 ans, et il continue de pleuvoir ».Â
En écho à ces propos, le préfet François Pesneau estime que la crue actuelle est « l’une des cinq plus importantes du siècle ». Mais comment le Maine-et-Loire en est-il arrivé là  ?
Des semaines entières sous la pluie
Ce n’est pas qu’un ressenti, il a beaucoup plu depuis le début de cette année 2026. Les relevés officiels de Météo France sont là pour en témoigner : en janvier, il est ainsi tombé 70 mm de pluie (soit 70 litres au m²). Avec seulement quelques jours dans le mois sans la moindre goutte : le 1er janvier, le 13, le 16, le 18 et le 28. Soit de très longues séquences, jusqu’à douze jours d’affilée, avec de la pluie. Ce qui limite la capacité des sols à les absorber et augmente les déversements directs dans les cours d’eau.
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Fin janvier, un excédent d’eau de 50 %
À la fin du mois de janvier, le cumul de pluie par rapport à la normale est déjà en excédent de 50 %. Signe qui ne trompe pas les promeneurs du midi, le 2 février, l’accès au chemin de halage de la Mayenne, depuis Angers, est barré. La cause ? La montée du niveau de l’eau. Même chose pour la petite route d’Écouflant.

Dès le début février, à Angers, l’accès au chemin de halage de la Mayenne est barré. En cause, la montée du niveau de l’eau dans la rivière. OUEST-FRANCE
Ça empire en février
Mais c’est en février que la situation se dégrade véritablement. Les jours sans pluie se raréfient et surtout, les relevés quotidiens sont très élevés : à cinq reprises, il tombe plus de 10 mm d’eau en 24 heures, le record étant pour le moment fixé au 13 février, avec 19,2 mm (soit 19,2 litres au m2). À cela, il faut ajouter six journées à plus de 3 mm. Et encore une fois, sans véritablement de journées de répit ou de soleil, permettant d’assécher les sols.
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Le Maine-et-Loire se trouve en vigilance rouge pour les crues. Vincent Michel / Ouest-France
Les zones tampons ne suffisent plus
L’excédent de pluie par rapport à la normale ne cesse de se creuser. Il atteint même les 75 % le 14 février. Depuis le 1er février, il est tombé 104 mm de pluie selon la station Météo France Beaucouzé, près d’Angers. Soit le double, ou presque d’un mois de février normal. Les zones naturelles tampon, comme les Basses vallées angevines ou le large lit de la Loire ne suffisent plus à retenir ou à évacuer toute cette eau. C’est la crise. Le lundi 16 février, le Maine-et-Loire est placé en vigilance rouge.